Exercice périlleux qu'est celui de parler du dernier film de Martin Scorcese sans en dévoiler l'intrigue. Le pitch en quelques mots : le Marshal Teddy Daniels (Leonardo DiCaprio) est envoyé sur une île - hôpital psychiatrique pour fous dangereux - pour enquêter sur la disparition d'une femme. Le plus mystérieux est que, selon le docteur en chef (Ben Kingsley), elle s'est littéralement envolée alors que sa chambre était fermée et surveillée. Malgré les explications de l'équipe soignante, Daniels va commencer par mettre en doute leurs dires jusqu'à les accuser des pires atrocités. La qualité de ce film est avant tout de mettre en place un climat d'angoisse dès les premières images, dès les premières notes de musique qui font immédiatement penser à celles des Nerfs à vifs du même Scorcese. On est immédiatement dans le bain. Les personnages plus énigmatiques les uns que les autres vont donner du fil à retordre au Marshal magnifiquement interprété par un Leonardo DiCaprio au top de son art : si sa collaboration avec Scorcese doit porter ses fruits, elle atteint là une maturité et une force d'expérience à couper le souffle. Ce rôle, pas vraiment simple, est un vrai engagement pour un acteur qui malmène de plus en plus son image de gendre idéale acquise avec Titanic. Les seconds rôles que son Ben Kingsley (Gandhi), Mark Ruffalo (Zodiac) ou Max Von Sydow (L'exorciste) sont excellents et participent, à leur façon, au malaise ambiant qui transpire durant les 2h15 que dure le film. En effet, certaines images sont insoutenables mais l'esthétique et le contexte en font des tableaux, certes sombres, mais se rapprochant le plus souvent de nos cauchemars les plus noirs. Coté intrigue, le film est tiré du roman à succès de l'écrivain Dennis Lehane (Mystic River) : sans être tout à fait original (on a vite fait de faire des pronostiques qui s'avèrent être les bons), Shutter island a le mérite de confirmer le talent de Martin Scorcese pour le film de genre, le thriller paranoïaque, lui qui nous a habitué, avec succès, aux meilleurs films de mafia (Les Affranchis, Casino). Un film qui fait parler, qui pose question et qui dérange : on en ressort pas tout à fait reposé !La bande-annonce :





















Je ne pouvais pas passer à coté du film tiré d'un des plus célèbres romans de ces dernières années. Donc ca y est : je l'ai enfin vu ! Et je suis plutôt agréablement surpris. En général, ce type de film est souvent décevant comparé au roman, à quelques exceptions près (Harry Potter, Shining). Dans ce cas, le 1er tome des aventures de Mikael Blomkvist et de Lisbeth Salander écrit par Stieg Larsson est un très bon polar dont l'histoire est somme toute classique : le succès étant certainement dû au travail sur les personnages. Le roman (comme le film) raconte l'enquête d'un célèbre journaliste suédois pour retrouver le meurtrier d'une jeune femme morte 40 ans plus tôt. Aidé d'une pro de l'informatique, il va découvrir les secrets sombres d'une riche famille. Le film dure plus de 2h30 mais quand on a lu le roman, le temps passe vite : la curiosité de voir chaque passage mis en scène l'emportant sur le rythme de l'histoire. Le réalisateur a fait les bons choix de coupes ne laissant que l'essence même de ce qui rend cette histoire glaçante à souhait. Par exemple, la maîtresse de Mikael est inexistante, de plus, le coté coureur de jupon du héros a complètement disparu. D'un autre coté, les tendances nazies de certains personnages sont mises en avant tandis que la mise en place du personnage de Lisbeth reste insoutenable ... comme dans le roman. En conclusion, ce bon thriller ravira les connaisseurs comme les novices et ceci grâce en partie à la qualité des acteurs et notamment Noomi Rapace qui joue le rôle de Lisbeth et qui commence là une carrière qui, je pense, lui fera quitter sa Suède natale.








Ce film est l'adaptation d'un des premiers romans de science-fiction datant de 1898 et écrit par H.G Wells. Ce qui est surprenant c'est qu'en 2005, nos films de SF soient inspirés de romans de plus de 100 ans. Il faut donc tout d'abord se prosterner devant l'imagination de cet écrivain célèbre dont l'histoire d'envahisseurs arrivant sur Terre traverse les siècles. Néanmoins, ce n'est pas le meilleur de Spielberg. Mise à part la mise en scène, l'action constante et les effets spéciaux de destruction réussis, l'histoire reste banale, si on peut parler de banalités quand il s'agit d'envahisseurs, de tripodes tueurs, de plus d'1 milliard de morts, des villes rasées. Ce coté vieillot nous rappelle les productions des années 70. Coté acteur, le numéro de Tom Cruise en docker profitant de ce malheur pour se racheter une conduite auprès de ses enfants n'est pas convaincant. Par contre, la courte apparition de Tim Robbins complètement aliené est sans doute le moment le plus flippant du film. De même que la scène du vol de voiture qui rappelle les films de zombies sauf que là, il s'agit d'humains terrifiés prêts à tout pour fuir une mort certaine. Glaçant !

L'amour impossible entre un petit libraire de quartier et une actrice célèbre, seul Hollywood pouvait en faire un film réussit. Ils sont les seuls à posséder la recette des comédies sentimentales capables de nous faire rire, de nous divertir et parfois de nous émouvoir. Parmi tous les films qui sortent chaque année, Notting Hill est une réussite dans la lignée de Quatre mariages et un enterrement ou Le mariage de mon meilleur ami. On y retrouve d'ailleurs les acteurs principaux de ces deux références : Julia Roberts parfaite dans ce rôle et Hugh Grant, acteur le plus romantique de sa génération ? La surprise de ce film est qu'il est surtout drôle : Notting Hill est une vraie comédie avec un scénario à rebondissements, des seconds rôles hilarants (mention spéciale à Rhys Ifans en colocataire de mister Grant). Bien entendu, on est loin du réalisme de la vie, la vraie. Mais on ne peut pas nier que l'on passe un bon moment ... au son d'une B.O. qui est ce qu'il s'est fait de mieux depuis bien longtemps : Elvis Costello, Al Green, Ronan Keating, Pulp. A voir donc, sans hésitation ... à moins que vous ne soyez allergique à Hugh Grant et Julia Roberts qui ont la part belle dans cette romane americano-britannique.


Milos Forman (



