jeudi 28 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... Là-haut (Up)

Que peut-on attendre aujourd'hui d'un nouveau Disney ? Après avoir vu tant de succès, de beaux films toujours à la pointe de la technique, un Disney peut-il encore faire rêver ? Là-haut est la preuve que l'imagination n'a pas de limite. Passons, pour une fois, sur la technologie des studios Pixar (le film a été réalisé pour la 3D) pour s'intéresser à l'histoire, magnifique selon moi. Un vieux bonhomme, coupé de tous et du monde depuis qu'il est veuf, va réaliser le rêve d'un amour perdu, puisqu'il n'a plus rien à perdre : ça, c'est pour le coté émotion. Malencontreusement, un jeune scout embarque à destination du rêve que le vieil homme croyait bien accomplir seul. Tous les deux vont former un duo improbable; la naïveté de l'un redonnant le courage de vivre à l'autre. L'émotion est partout et la finesse des propos rend ce film incroyablement vrai, où une certaine prise de conscience du temps qui passe nous saute au visage. La force de ce film tout public est bien de proposer différents niveaux de compréhension, les petits voyant surtout l'aventure; et les grands, l'espoir de voir ce vieux bonhomme accomplir la dernière chose de sa vie. Un succès largement mérité.

Extrait :

mardi 26 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... Largo Winch

Largo Winch : le nouveau James Bond à la française ? A la française, on est d'accord mais pour James Bond, il faudra repasser. Célèbre BD créée par Jean Van Hamme, ce film inspiré des premiers tomes est très décevant. Je possède moi-même les BDs et ne retrouve, dans le film, ni l'esprit, ni le suspense qui rendent la BD si haletante. L'histoire de Largo Winch est la suivante : à la mort de son père Nerio, Largo est appelé pour lui succéder à la tête du Groupe W, sorte de conglomérats de multinationales. Son père est la 5ème fortune du monde et forcément, la place vacante va attirer tous les requins avides de pouvoir et d'argent. Mais c'est sans compter sur tous les préparatifs de Nerio Winch pour anticiper sa propre disparition. L'histoire de base est donc la même que l'originale. Mais malheureusement, elle est mal racontée. Est-ce dû au choix des acteurs ? Tomer Sisley n'est pas convaincant et ne possède aucun point commun avec l'athlète blond et intelligent de la BD. De plus, son manque de charisme finit d'achever le point central de ce film : à savoir, son héros, le titre du film. A coté de cela, les autres personnages plus caricaturaux les uns que les autres n'offrent aucune crédibilité à l'histoire dont le suspense finit toujours pas retomber comme un soufflé. La suite arrive en 2010 mais franchement, que peut-on attendre de plus : qu'ils remplacent Tomer Sisley par Daniel Craig ?

lundi 25 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... Comment épouser un millionnaire (How to marry a millionaire)

Évidemment, le scénario de Comment épouser un millionnaire transposé à notre époque n'aurait pas grand intérêt. Dans ce film de 1953, l'intérêt est ailleurs : Lauren Bacall, Marylin Monroe, tout une époque ! Début des années 50, Monroe et Bacall sont des stars. Réunies dans ce film aux cotés de Betty Grable, elles incarnent 3 mannequins qui vont monter un stratagème pour tenter de séduire puis épouser chacune un millionnaire. Dans le genre comédie romantique c'est plutôt réussi mais ce film manque cruellement de pep's. Reste la curiosité de voir Marylin Monroe dans un rôle comique : beau mannequin, elle n'en porte pas moins de grosses lunettes (elle est complètement myope) dont elle a honte : et séduire en n'y voyant rien, peut amener à des situations cocasses. Enfin, le véritable évènement lié à ce film est la technologie utilisée : c'est la seconde fois (et la 1ère pour une film aussi populaire) qu'un film est réalisé en CinémaScope. D'ailleurs, on le voit très bien sur l'affiche du film. Et c'est sans doute pour cela que le réalisateur Jean Negulesco nous inflige une générique de plus de 5 minutes où l'on voit un orchestre joué : c'est large, c'est sûr, mais ca n'a aucun rapport avec le film !

Hier soir, j'ai vu ... Sa majesté des mouches (Lord of the flies)

Un avion qui s'écrase sur une île perdue, les survivants qui tentent de s'organiser, la peur des monstres rôdeurs, l'affrontement entre deux clans : on se croirait dans Lost. Sauf que là il s'agit de l'adaptation ciné d'un roman écrit en 1954 par William Golding, Sa majesté des mouches et que c'est bien cette histoire qui a largement inspiré la série à succès de J.J. Abrams. La différence est que l'avion de cette histoire ne transportait que des enfants et ce sont ces mêmes enfants qui vont s'organiser pour survivre sur cette île peu accueillante. Le fait d'utiliser uniquement des enfants est une excellente idée. Pris au piège d'un lieu hostile où les secours ne viennent pas, ils vont être obligés de décider sans adulte pour les guider. Leur instinct primitif et cruel revenant au galop tandis que leurs peurs les plus profondes (la nuit, le noir) sont extrêmes. La symbolique est longuement présente dans ce film où le bien et la mal sont les piliers; la loi du plus fort s'imposant petit à petit menant les plus faibles à l'oppression voire à l'errance. Ce film est très fort et analyse toute la cruauté de l'homme et de la civilisation (Battle Royale, dans un autre genre, est librement inspiré de ce roman). A noter qu'en hébreu, Belzébuth signifie "Seigneur des mouches". Tout un programme ...

lundi 18 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... Déjà vu

Un acte terroriste dans la ville dévastée par Katrina ou tout ce qui hante l'Amérique en ce début de siècle condensé dans un long-métrage. Tel est le sujet de ce film de Tony Scott, habitué des films d'action esthétiques, dont le titre Déjà vu s'utilise aussi bien dans notre langue que dans celle de Shakespeare. Un flic (interprété par l'impeccable Denzel Washington) enquête sur l'explosion d'un ferry qui a tué des centaines de Marines et leur famille. Avançant avec efficacité sur cette enquête où même le FBI piétine, des 'outils' à la pointe de la technologie vont être mis à sa disposition pour trouver le coupable. Sans trop dévoiler toutes les surprises de ce film, il faut avouer que le style retour vers le futur peut faire peur au premier abord. Tony Scott réussit tout de même à nous faire avaler la pilule et à rendre son film agréable et assez crédible. Les questions sur : puis-je agir sur le futur ? ai-je en charge mon destin ? sont forcément des questions que l'on a tous envie de se poser et le fantasme du pouvoir suprême sur notre avenir (ou notre passé) est tout le sujet du film. Évidemment, c'est très gros; les explications scientifiques sont à dormir debout mais j'avoue être tombé dans le panneau. Un bon film d'action à la limite de la science-fiction, idéal pour un dimanche soir pantouflard.

jeudi 14 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... Invictus

Invictus est le nouveau film de Clint Eastwood. Et quel film ! Débutant en février 1990, autrement dit à la sortie de prison de Nelson Mandela, Invictus raconte comment le nouveau président de l'Afrique du Sud s'est servi de l'équipe nationale de rugby jusque-là soutenue par les blancs (les Afrikaners) pour unifier les habitants d'un pays coupé en deux par 40 ans d'Apartheid. La Coupe du Monde tombe à point nommé en 1995. Malheureusement, les Springboks sont blancs (à une exception près) et surtout ils sont mauvais. Et pour atteindre cet objectif politique et humain que Mandela s'est fixé, ce dernier va insuffler à travers le capitaine de l'équipe François Pienaar (interprété par l'auto-bronzé Matt Damon) une motivation et un devoir qui mèneront les Bokke à la gloire. Evidemment, le sujet est beau. Il l'est d'autant plus, qu'il est véritable. Mais on ne peut pas reprocher à Clint Eastwood de savoir le raconter. Le choix des acteurs tout d'abord : Morgan Freeman trouve là le rôle de sa vie (rôle qu'il s'est d'ailleurs payé : il est producteur du film). Il a cette élégance et cette décontraction doublée d'une poigne de fer qui font les atouts si singuliers de ce personnage historique qu'est Mandela. Il est au centre du film, il en est le sujet principal. Et l'on imagine tous les films dans le film qui à eux seuls pourraient valoir plusieurs longs métrages : la vie en prison (voir Goodbye Bafana), la séparation avec sa famille, son travail acharné à travers le monde pour "offrir" son pays à l'investissement. Tout cela est extrêmenent intéressant et la naissance de cette nation trouve symboliquement son départ dans le sport. Mandela a compris avant tout le monde qu'un simple jeu pouvait changer la face de son pays. Mal compris au début par son entourage, il réussit pourtant le pari impossible. Et c'est en cela que l'histoire est belle. Bien-sûr le film est bourré de bons sentiments mais ils sont clairement assumés et de notre coté, on a envie de croire et de voir que les blancs d'Afrique du Sud ont su, à travers ces évènements, comprendre ce que vivaient leurs frères noirs des bidonvilles : la scène de la découverte d'un township par les joueurs est saisissante. D'ailleurs l'émotion est partout : même lors de la finale, dont on connait l'issue, on se surprend à se ronger les ongles; l'envie de voir les Springboks l'emporter étant plus forte que nos certitudes. Comme le hasard fait bien les choses, l'Afrique du Sud reçoit cette année la Coupe du Monde de football (le sport favori des noirs). A l'heure qu'il est, qui sait ce que Nelson Mandela, bien qu'il ne soit plus président depuis 1999, est en train de préparer pour continuer d'écrire l'histoire de la nation arc-en-ciel ...

>> Voir le mini-reportage sur Invictus

mardi 12 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... 40 ans, toujours puceau (The 40 year old virgin)

Voici l'American Pie des quadra. Ou plutôt une comédie sur les quadra pour les fans d'American Pie. Car comme vous pouvez vous en douter, ça ne vole pas haut dans 40 ans, toujours puceau. Andy, 40 ans donc, a un travail pépère dans un magasin de télé. Un soir, ses collègues découvrent qu'il n'a jamais eu de relations sexuelles et se mettent en tête de lui faire oublier coûte que coûte, de conseils tordus et sorties arrosées, 20 ans d'abstinence. Tout d'abord, les dialogues sont crus : c'est plutôt vulgaire et réellement bien assumés. Ensuite, les gags sont bien en-dessous de la ceinture mais comme on est dans une comédie américano-américaine, ils ne dévoilent jamais ce que la pudibonderie made in US rejette. D'ailleurs, ce film exprime toute cette ambiguïté bien connue chez nos cousins d'Amérique, à savoir l'extrême vulgarité avec laquelle ils peuvent traiter un sujet comme le sexe chez les hommes et les femmes tout en gardant en même temps cet esprit puritanisme. Autant le début du film prône le sexe à tout va, avec n'importe qui et n'importe comment du moment qu'il y a un string à claquer; autant la seconde partie fait l'apologie de l'abstinence comme si Judd Apatow (réalisateur) s'excusait de tout un pan de son film. Et cela est énervant même si certains gags font rire, il faut bien l'avouer mais tout cela n'a aucun intérêt. A noter que l'acteur principal Steve Carell est un comique très célèbre dans son pays et que ce film est inspiré de l'un de ses sketchs.

lundi 11 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... Les trois jours du Condor (The three days of the Condor)

Sydney Pollack au top de sa forme ! Ce polar tourné à New-York juste après les évènement du Watergate met le doigt sur les dysfonctionnements de la CIA. Institution jusque-là respectée, elle est, à cette époque, décriée pour ses méthodes discutables dans le simple but de favoriser la prise du pouvoir des Etats-Unis sur le monde. Robert Redford y incarne le Condor, nom de code de cet agent 'planqué' de la CIA dont le travail consiste à lire tous les bouquins qui sortent dans le monde à la recherche de renseignements qui pourraient intéresser l'agence. Un jour, tous ses collègues sont assassinés alors qu'il est sorti un instant chercher le déjeuner. Livré à lui-même et ne pouvant faire confiance à personne, il va se battre pendant 3 jours pour faire tomber le masque de ce qui se trouve être un gigantesque complot. Le film est haletant et le suspense au rendez-vous. Pollack n'est jamais aussi bon que lorsqu'il s'attaque aux grandes institutions (l'entreprise dans La firme, l'ONU dans L'interprète). Et les grands acteurs de l'époque sont très efficaces : Redford, Faye Dunaway. Les trois jours du Condor est une belle réussite : on ne s'y ennuie jamais ce qui n'est pas le cas de beaucoup de films poltiques de l'époque.

dimanche 10 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... Bright Star

Le nouveau film de Jane Campion, réalisatrice récompensée de La leçon de piano (palme d'or en 1993), raconte l'histoire d'amour entre une jeune anglaise de 18 ans et le poète John Keats en 1818. Tout d'abord insensible à sa poésie, Fanny (joliment interprétée par une actrice inconnue Abbie Cornish) va se rapprocher de l'artiste alors que celui-ci est en train de perdre son frère. Réunis autour des poèmes romantiques de Keats pour des leçons d'apprentissage, Fanny et John vont se découvrir et vivre un histoire d'amour passionnelle et subtile. Les points forts du film, tout d'abord, sont sa réalisation : c'est très beau à regarder, surtout les plans extérieurs où les couleurs de la nature ressortent avec un réelle intensité sans doute pour exprimer les sentiments des deux personnages. Ensuite, il faut avouer que cela fait du bien de voir un film où le rôle principal féminin n'est pas un simple faire-valoir subissant les lois d'une éducation trop stricte. Dans ce film, Fanny est respectée; ses sentiments le sont aussi, sa mère est compréhensive. Ce qui a pour effet de rendre l'idylle plus sérieuse. Mais il y a des points faibles : l'émotion qui devrait transpirer de ce romantisme bucolique est complétement absente. On reste à coté de ce film qui, durant ses 2h, nous offre que peu de clés pour comprendre comment naît l'histoire et comment elle subsiste aux obstacles. C'est d'un réel ennui. La beauté des images, la célébrité de sa réalisatrice et une présentation à Cannes ne suffisent pas à rendre ce film aussi incontournable que l'on peut le lire, assez unanimement, dans la presse. Jane Campion aime ses personnages mais, malheureusement, elle ne réussit pas à nous faire partager cet attachement.

vendredi 8 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... Dr Folamour (Dr. Strangelove or : How I learned to stop worrying and love the bomb)

23 ans avant le très réaliste Full Metal Jacket (1987) où il livrait un pur film de guerre, Stanley Kubrick dénonçait déjà les ravages des institutions militaires et politiques des Etats-Unis. Dr Folamour dont le titre original "Comment j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer la bombe" atteste immédiatement du burlesque du film. En effet, Kubrick tourne en dérision tous les acteurs de la guerre froide (qu'ils appellent la guerre chaude dans le film) : du président des Etats-Unis à celui de la Russie en passant par un général paranoïaque ou le conseillé scientifique (Dr Folamour), ancien nazi dont le bras droit a bien du mal à rester tranquille. Ce 7ème film de Kubrick raconte comment un général américain prend la décision hative d'envoyer ses B-52 détruire la Russie. Convaincu de sa décision, rien ni personne ne pourra le faire changer d'avis et ceci allant même jusqu'à déclencher une guerre sur le propre sol des Etats-Unis. Dr Folamour est truffé de scènes mythiques comme ce soldat qui vient de faire de nombreuses victimes et qui hésite à tirer sur un distributeur de Coca-Cola. Le film dénonce les dangers des bombes H, l'imcompétence des militaires, les lois contradictoires des politiciens et tout ceci est abordé avec humour et dérision ... comme s'il ne restait plus que le rire face aux absurdités de ceux qui nous gouvernent et de ceux qui nous défendent. Enfin, les acteurs sont géniaux : à noter, la prestation de Peter Sellers (habitué des comédies loufoques) qui joue 3 rôles. Pour l'anecdote : initialement, le film devait sortir le 22 novembre 1963, jour de l'assassinat du président John F. Kennedy. Il fût repoussé à l'année suivante.

mardi 5 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... Sweeney Todd (Sweeney Todd - The demon barber of Fleet Street)

Dans le Londres victorien, un barbier revenu du bagne après 15 ans d'emprisonnement, va célébrer sa vengeance envers ceux qui l'ont séparé de sa femme et de sa fille. En recevant l'aide d'un experte en tourte aux cafards (la viande étant trop rare et trop chère), il va mettre sur pied un plan diabolique pour que justice soit faite. Qui de mieux que Tim Burton pour raconter cette histoire sombre dans un Londres sale et moche ? Qui de mieux encore pour incarner ce diabolique barbier que Johnny Depp, acteur qui n'est jamais aussi bon que lorsqu'il tourne avec Burton ? Esthétiquement, le film est magnifique : ce Londres embrumé et âpre offre à Burton l'occasion de mettre au service de l'intrigue les délires graphiques dont il a le secret. Quant aux acteurs, Johnny Depp mis à part (qui est forcément génial), les seconds rôles sont tout aussi réussis : à commencer par l'excellent Sacha Baron Cohen (Borat) qu'il est surprenant de retrouver dans un tel film. Alan Rickman (Piège de cristal, Harry Potter), formé sur les scènes de théatre anglaises, est très convaincant. Enfin, on a du mal à imaginer quelle actrice pourrait bien remplacer Mme Burton alias Helena Bonham Carter dans les films de son mari tant elle a le look de l'emploi. Visuellement donc c'est parfait. Reste l'histoire qui présente tout de même quelques longueurs. La plupart des dialogues sont chantés (à voir en VO). Il faut bien avouer qu'à certains moments, ca énerve. Mais le film est d'une telle maitrise que ça force le respect. Un Burton un petit peu en dessous de la moyenne mais un très bon moment quand même.

lundi 28 décembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... J'ai toujours rêvé d'être un gangster

L'affiche est belle, épurée, mystérieuse. Elle laisse entrevoir un film à mi-chemin entre la pureté et la violence. Peut-être l'histoire d'un enfant devenu gangster. Il n'en est rien. Ce petit film français (petit par le budget) de Samuel Benchetrit (Janis et John) surtout connu pour avoir été l'un des compagnons de Marie Trintignant est surtout très ennuyeux. S'inspirant de certains films de Tarantino dans le découpage de son film (5 chapitres au menu), il n'arrive pas à y insuffler ce coté noir et âpre mêlé de second degré qui font le succès du réalisateur américain. On est tout de même plus dans la comédie que dans le film de gangsters qui n'a de gangster que le titre. En effet, pour résumer, ce film dépeint la vie de personnages qui n'ont plus que le vol ou le crime pour s'en sortir : et cela, s'en être de véritables gangsters. L'épisode avec Bouli Lanners en kidnappeur au grand coeur est le plus réussi et le plus drôle. Anna Mouglalis et Edouard Baer s'en sortent bien aussi. Par contre, les épisodes avec Jean Rochefort et celui avec Bashung et Arno surtout sont très difficile à affronter tellement ils m'ont semblé vides, lents, endormants. D'ailleurs je n'ai pas réellement compris l'intérêt de l'histoire entre les deux chanteurs : faut-il comprendre qu'il y ait un gangster parmi eux ? lequel alors ? celui qui jadis a volé une chanson à l'autre ? ou l'autre qui vole les nouvelles créations du premier ? Bref. C'est lourd, sans intérêt et au final, très décevant.

mercredi 23 décembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... L'échange (Changeling)

Magnifique film de Clint Eastwood, L'échange raconte le combat d'une femme pour retrouver son fils disparu. Après une louche enquête de police, un garçon que les forces de l'ordre prétendent être le fils disparu va être remis à la mère qui niera toujours que ce dernier est son enfant ... au risque d'être prise pour une folle. Inspiré de véritables faits, cette histoire serait restée un simple fait divers si Mister Eastwood n'était passé par là. Il confirme une fois de plus son art de raconter des histoires où le suspense monte en puissance dans la plus digne lignée des maîtres du genre. Il sait nous montrer sans exagération ni irréalisme le combat perdu d'avance et le piège dans lequel s'enfonce son personnage principal (convaincante Angelina Jolie) seule face au pouvoir en place bien décidé à redorer son image chancelante. L'injustice criante nous prend aux trippes et on ne voit pas d'issue de secours à ce cauchemar. C'est aussi l'occasion, dans ce film, d'aborder la condition féminine dans les années 20 alors que toutes les institutions sont régies par l'homme. Si vous n'avez pas vu L'échange, sorti juste avant Gran Torino et avant d'aller découvrir Invictus le 13 janvier, je vous conseille fortement ce pur moment de cinéma où selon moi, tout est réunis pour vous faire vibrer !

jeudi 17 décembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Une femme sous influence (A woman under the influence)

Mon premier film de John Cassavetes ! La réputation de ce metteur en scène m'était depuis longtemps connue. Grâce à Arte, mon attente de voir un jour un de ses films a pris fin. Mais malheureusement, c'est une découverte en demi-teinte. Une femme sous influence réunit Peter Falk (Columbo) et Gena Rowlands (femme de Cassavetes) dans un drame dont le sujet était sans doute tabou à l'époque (années 70); en tout cas peu expoité au cinéma. C'est donc avec un certain recul qu'il faut voir ce film sans quoi on risque de s'y ennuyer voire s'endormir (je l'ai vu en deux soirs...). Il raconte la vie d'un couple dont le femme Marie-Belle, mère très aimante, est une peu folle. Son mari l'aime comme elle est et tente de sauver les apparences. Tout pourrait bien se passer s'il n'y avait pas la famille, les amis qui on leur point de vue sur cette situation qui, pour certains, est inacceptable; Marie-Belle ne méritant que l'asile. Cassavetes filme une histoire d'amour. Mais les scènes de vie quotidienne, les repas avec les amis, les dialogues sont longs, semblent inutiles pour faire avancer l'histoire et finissent parfois par énerver tant on a du mal à entrer dans le film. Par contre, il est surprenant de se rendre compte, qu'à la fin du film, combien on s'est attaché aux personnages et à l'actrice principalement que Gena Rowlands interprète magnifiquement. En somme, je peux parier que ce film ne vous plaira pas mais la renommée de son réalisateur ne peut pas être jugée par un seul de ses films. L'avenir et d'autres films m'ouvriront peut-être les yeux... A suivre.

lundi 14 décembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... My name is Joe

A Glasgow, Joe, 37 ans, au chômage et ex-alcoolique est en pleine reconstruction. Entraineur d'une petite équipe de foot, il ne vit que pour les matchs dominicaux. Cette équipe réunit les jeunes des quartiers défavorisés lesquels sont soutenus infailliblement par leur ami et père de subsitution Joe (magnifiquement interprété par Peter Mullan, prix d'interprétation masculine à Cannes en 1998). Parmi eux, le jeune Liam - jeune père de famille dont la copine est droguée et prostituée - va se retrouver mêlé aux trafiquants à qui il doit une lourde dette. Et Joe va de fait, s'en mêler aussi. Raconté comme cela, ce film de Ken Loach est un vrai mélodrame. Mais si vous connaissez un peu les films du célèbre cinéaste social, vous saurez aussi que ce film ne peut pas seulement raconter le coté sombre de la vie des rejetés de la société britannique. Ken Loach distille de l'espoir, par petites touches : le football est une première touche (voir aussi Looking for Eric), l'humour en est une autre, l'amour enfin complète le tableau. L'histoire naissante entre Joe et une assistance sociale est semée d'embuches : l'espoir est donc permis mais les vrais problèmes sont malgré tout présents : comment sortir au restaurant avec celle que l'on aime quand on n'a pas un rond. Il faut aussi voir ce film comme une critique voire une revendication contre le système Tatcher des années 80 qui a mis au banc de nombreuses personnes. Loach leur rend hommage et démontre toute l'humanité et la solidarité qui subsiste dans l'Angleterre de ceux qui n'ont rien. Vous l'aurez compris : ce film humaniste est beau, sensible, parfois violent mais toujours juste et d'une réalité qui fait forcément réfléchir. N'est-ce pas d'ailleurs l'objectif d'un film de Ken Loach ?

samedi 12 décembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Intolérable cruauté (Intolerable cruelty)

Jusqu'à Burn after reading en 2008, j'avais aimé tous les films des frères Coen dont un nouveau film est toujours une pépite à découvrir (mes préférés : Le grand saut, Barton Fink, Fargo, No country for old men). Malheureusement, la déception fut grande avec Burn... . Intolérable cruauté vient compléter cette courte liste des films ratés des Coen, selon moi. L'histoire : un avocat spécialiste des divorces (George Clooney) s'ennuie dans son métier. Tout va changer lorsqu'il va rencontrer la femme de l'un de ses clients qui se trouve être encore plus manipulatrice que lui. Après l'avoir déplumée de tous ses droits, l'avocat savoure sa victoire. Mais c'est sans compter l'esprit de revanche qui anime cette femme (Catherine Zeta-Jones) dont les plans vont dépasser tout ce que Clooney aurait pu imaginer. Attention : ce film est une comédie, un peu lourde, où Clooney en fait des tonnes. Zeta-Jones est plus subtile mais le scénario trop plat dessert les acteurs qui font du mieux qu'ils peuvent. Mais où est passé l'esprit satirique des frères Coen ? Où est ce petit quelques chose de choquant qui fait de leur cinéma, un des plus indépendants des 20 dernières années ? On rigole peu dans cette comédie potache, les rebondissements sont téléphonés et finalement on s'ennuie ferme. Un coup d'épée dans l'eau...

jeudi 10 décembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... 99 francs

99 Francs est avant tout un best-seller, écrit par Frédéric Beigbeder et sans doute inspiré de sa propre expérience. Je n'ai pas lu le livre. Cependant, après que l'on m'ait souvent vanté cette expérience cinématographique, cousine éloignée de Las Vegas Parano, c'est avec un réel plaisir que j'ai pu enfin découvrir le film de Jan Kounen (Dobermann). En gros, le film raconte les dérives de notre société de consommation dans ce qu'elle peut avoir de plus cynique et de plus déshumanisant : la publicité et ceux qui la font. Jean Dujardin y incarne un talenteux publicitaire plutôt égocentrique, la renommée l'ayant rendu accro à la coke. Le film commence par le début ... de la fin. La prise de conscience tardive de la démesure de sa vie, une belle histoire d'amour trop vite gachée, vont mener Octave Parango (Dujardin) vers la libération de son esprit pris au piège de ce qui a fait sa gloire. On se marre beaucoup dans 99 francs (Dujardin et Quivrin y sont très drôles). La mise en scène est très aérée, les états d'âmes de nos drogués du boulot (au sens propre comme au figuré) passant facilement à l'animation un peu comme dans le précédent film de Kounen : Blueberry. C'est un peu en cela qu'il ressemble au film de Gilliam (Las Vegas Parano) notamment en montrant comment la drogue modifie la perception du monde et mène à la destruction. Si Beigbeder a vu et vécu tout ca, et bien on se demande comment il en est sorti.

mardi 8 décembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Millénium, le film (Män som hatar kvinnor)

Je ne pouvais pas passer à coté du film tiré d'un des plus célèbres romans de ces dernières années. Donc ca y est : je l'ai enfin vu ! Et je suis plutôt agréablement surpris. En général, ce type de film est souvent décevant comparé au roman, à quelques exceptions près (Harry Potter, Shining). Dans ce cas, le 1er tome des aventures de Mikael Blomkvist et de Lisbeth Salander écrit par Stieg Larsson est un très bon polar dont l'histoire est somme toute classique : le succès étant certainement dû au travail sur les personnages. Le roman (comme le film) raconte l'enquête d'un célèbre journaliste suédois pour retrouver le meurtrier d'une jeune femme morte 40 ans plus tôt. Aidé d'une pro de l'informatique, il va découvrir les secrets sombres d'une riche famille. Le film dure plus de 2h30 mais quand on a lu le roman, le temps passe vite : la curiosité de voir chaque passage mis en scène l'emportant sur le rythme de l'histoire. Le réalisateur a fait les bons choix de coupes ne laissant que l'essence même de ce qui rend cette histoire glaçante à souhait. Par exemple, la maîtresse de Mikael est inexistante, de plus, le coté coureur de jupon du héros a complètement disparu. D'un autre coté, les tendances nazies de certains personnages sont mises en avant tandis que la mise en place du personnage de Lisbeth reste insoutenable ... comme dans le roman. En conclusion, ce bon thriller ravira les connaisseurs comme les novices et ceci grâce en partie à la qualité des acteurs et notamment Noomi Rapace qui joue le rôle de Lisbeth et qui commence là une carrière qui, je pense, lui fera quitter sa Suède natale.

lundi 7 décembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Les infiltrés (The departed)

Remake du très intéressant film hongkongais Infernals Affairs sorti 4 ans plus tôt, Les infiltrés est une oeuvre magistrale. Ce film marque la 3ème collaboration entre Martin Scorcese et Leonardo DiCaprio. Coté nouveaux venus, Matt Damon et Jack Nicholson complètent l'affiche. Avec un réalisateur de cette trampe et des acteurs, sans doute les meilleurs de leur génération, on pouvait s'attendre à un grand film : mais le résultat est haut-delà de ça encore. Il raconte la lutte sans merci entre deux infiltrés - l'un de la pègre irlandaise infiltré dans la police de Boston (Matt Damon); l'autre, jeune flic infiltré des mois durant dans le clan du premier dont Jack Nicholson est le célèbre parrain. Chacun tentant coûte que coûte de découvrir le visage de l'autre. Coté suspense, Les infiltrés fait très fort et il sait mettre en valeur ses acteurs; chaque scène devenant anthologique. Martin Scorcese dont on connait largement la filmographie (Taxi driver, Les affranchis, Raging Bull) est au top de sa forme revisitant complètement l'oeuvre originale en lui apportant cette touche americano-irlandaise et ces histoires de gangsters qui lui sont propres. Oscar du meilleur film , celui du meilleur réalisateur, c'est une sorte de couronnement de carrière, de celles qui ne connaissent pas de faux-pas. Espérons que Shutter Island (qui sortira en mars 2010, avec toujours DiCaprio) sera aussi convaincant. On en salive d'avance !

La bande-annonce en VO :

Hier soir, j'ai vu ... Arthur et la vengeance de Maltazar

Au voleur ! Pas Maltazar, ni Arthur, non ! Luc Besson. Le 2nd film tiré des aventures d'Arthur et Les Minimoys écrit par Luc Besson est une gigantesque arnaque.
Le 1er numéro était une joli film où se mêlaient prises de vue réelles et animations, où les personnages étaient subtiles et le scénario bien écrit, avec un minimum de suspense. La vengeance de Maltazar n'est ni plus ni moins qu'un film de fainéant pour répondre à l'attente des fans et remplir le porte-monnaie d'Europa Corp. (société de production de Besson). Problème : les fans ne sont pas contents. Le scénario est une coquille vide : le jour est venu pour Arthur de retrouver ses amis et surtout Sélénia. Mais quand il reçoit un grain de riz-SOS, Arthur - pensant que son peuple ami est menacé - va tout faire pour retrouver l'émetteur du SOS. Malheureusement, ce film de 1h20 ne possède pas une once de suspense préférant passé du temps à suivre les parents idiots d'Arthur ou à délivrer une pub McDo entre deux messages écolo. On est loin du premier épisode et le pire c'est que les quelques minutes qu'Arthur passe avec les minimoys (les 3/4 du film se passant dans la maison des grands-parents) se terminent en noeud de boudin : car au lieu d'avoir le classique "FIN", un honteux "A suivre" s'affiche sur l'écran de cinéma nous laissant là, comme des idiots avec le sentiment d'avoir dépensé 13 euros pour s'acheter... 2 euros.

lundi 30 novembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Monsieur Klein

Paris, 1942, sous l'occupation allemande. Robert Klein (Alain Delon), amateur d'art, achète à bas prix, des oeuvres à des juifs fortunés mais en grandes difficultés. Sa vie, jusque-là à l'abris de toutes les atrocités du moment, va basculer le jour où il va recevoir mystérieusement un journal politique juif. Décidé à prouver qu'il n'est pas juif et à retrouver son homonyme, il va petit à petit sombrer dans un engrenage terrible qui va l'amener aux origines de son identité, pour sauver sa vie. Dans sa quête, il va découvrir petit à petit la persécution des juifs jusqu'à être lui-même confondu avec ceux dont il profitait jusqu'à présent. La 1ère scène du film est très forte et extrêmement cruelle pour le personnage féminin se faisant examiner tel un animal par un médecin cherchant à prouver ses origines sémites. Cela donne le ton de ce magnifique film de Joseph Losey (Le Garçon aux cheveux verts) où l'interprétation toute en naiveté d'Alain Delon est sublime. Cette quête identitaire est comme un tourbillon cruel où chaque nouvelle piste mène inexorablement Klein vers la déportation. La mise en scène est subtile et en-dehors des horreurs qui se trament comme si, comme Klein, on ne comprenait pas ce qu'il nous arrive. Magnifique donc, et terrifiant.

mardi 24 novembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Bandits, bandits (Time bandits)

6 nains, échappant à l'Etre suprême à qui ils ont volé la carte du Temps, atterrissent dans la chambre du jeune et curieux Kevin. Tous les 7, à coups de voyages dans le temps, vont visiter l'Histoire et ses légendes, passant d'une rencontre arrosée avec Napoléon à une distribution d'or aux pauvres sous les yeux de Robin des bois. Voici le pitch du 3ème film de Terry Gilliam (Brazil, L'armée des 12 singes) ex-Monthy Python à l'imagination débordante. J'avais vu ce film lorsque j'étais beaucoup plus jeune et il m'avait laissé l'impression d'un voyage étonnant et burlesque. Bien sûr, le film a vieillit mais l'humour fataliste de Gilliam (que l'on retrouvera dans Brazil) est tout simplement géni(e)al. On rêve tous de pouvoir être transporté dans le temps pour y rencontrer nos héros : c'est aussi le rêve du jeune Kevin. Mais là, dès que le rêve se réalise, les désillusions s'accumulent : Robin de Bois ne semble pas si valeureux (John Cleese génial), Napoléon est un alcoolique notoire, l'ogre est ridicule et ne fait plus peur à grand monde, seul Agamemnon (Sean Connery) s'en tire plutôt bien. En bouleversant gentillement l'histoire, Terry Gilliam fait de ce film fantastico-poétique un petit bijou rare et drôle, à la mise en scène inimitable.

lundi 23 novembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... In her shoes

In her shoes raconte la rivalité entre deux soeurs dont la mort de la mère et le remariage du père ont chamboulé leur vie. L'une (chouette Toni Colette) est brillante, avocate mais coté amour, elle est peu confiante et les occasions masculines trop rares. L'autre (waouh ! Cameron Diaz) est jolie, sexy, très (trop) confiante mais dyslexique et bonne à rien. Tout semble opposer ces soeurs qui malgré tout sont unies : chacune rêvant chez l'autre ce qu'elle n'a pas; la plus frivole n'hésitant donc pas à voler le mec de l'autre. Le film devient intéressant dès lors que la rupture - inévitable - arrive. Il est clair que l'aînée ne peut pas vivre sans cette soeur qu'elle a toujours protégée (même des plus grands et graves secrets). Mais cette rupture semble nécessaire à la contruction de la plus jeune dont le vie dissolue ne pourra la conduire qu'à la destruction. Ce film ravira les femmes qui ont une soeur : la jalousie mais aussi l'impossibilité de rompre définitivement sont des thèmes bien réels abordés dans ce film. En cela, le film possède ce coté réaliste qu'il manque souvent au films US sombrant immédiatement dans le mélo ou la comédie lourdingue. Ici, on ne pleure pas beaucoup et les non-dits transpirent. Le film reste trop long (plus de deux heures) et laisse, malgré son sujet plus qu'intéressant, une sensation de trop ou de pas assez. Ce joli film de Curtis Hanson (La main sur le berceau, L.A. Confidential, 8 miles) aurait gagné à être raccourci. Mais bon, on lui pardonne : Cameron Diaz en petite tenue tout au long du film, c'est une riche idée, non ?

mardi 17 novembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Vilaine

Vilaine rappelle d'emblée Le fabuleux destin d'Amélie Poulain. Surtout, par la voix off rappelant celle d'André Dussolier mais aussi par l'héroine ou anti-héroine pour être précis qui ne cherche qu'à contribuer au bonheur des autres quitte à se laisser quelque peu de coté. Malheureusement, Mélanie Lupin (Marilou Berry) est seule et ce bonheur affiché s'efface dès qu'elle se retrouve seule, le soir, devant son chat de rencontre virtuelle. Puis, un jour, Amélie... euh Mélanie décroche un vrai rendez-vous avec un vrai garçon. Ce film est une comédie grinçante sur une fille mal dans sa peau, un peu grosse, pas très jolie et trop longtemps naïve. Après avoir subi le mauvais tour de trop, Mélanie Lupin a décidé de devenir vilaine. Malheureusement, le film est trop caricatural et pas très drôle. A trop vouloir faire référence au film de Jeunet, Vilaine en devient la pâle copie, un peu cheap. Quant aux acteurs, ils sont peu convaincants : à commencer par Marilou Berry qui ne trouve pas là le rôle comique à sa hauteur. Elle était beaucoup mieux dans une comédie dramatique telle que Comme une image d'Agnès Jaoui. Et dire, que deux suites seraient en préparation : Super Vilaine et Super Mega Vilaine. Les histoires de Mélanie Lupin (sorte d'anagramme d'Amélie Poulain) continueront sans moi.

lundi 16 novembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Le dahlia noir (The black dahlia)

Inspiré du célèbre roman de James Ellroy (ce dernier ayant été souvent adapté au cinéma : L.A. Confidential, Cop...), Le dahlia noir vu par Brian De Palma n'en reste pas moins bien décevant. Il raconte l'enquête menée par deux stars de la police dans le années 40 pour résoudre le meurtre crapuleux d'une jeune starlette surnommée "dahlia noir". Inspiré de faits réels, cette histoire est très connue et a été adaptée plusieurs fois, à la télévision notamment. L'histoire vue par De Palma est complexe, mal racontée, épuisante. Le pitch est pourtant simple mais malheureusement tous les effets 'à l'ancienne', les décors magnifiques, les acteurs tous plus beaux les uns que les autres (voir Hilary Swank surtout) ne sauvent pas ce film qui pourtant à de quoi donner envie. La question que l'on peut se poser outre le film lui-même est : qu'est-il arrivé à Brian De Palma depuis L'impasse en 1993 ? Considéré vers la fin des années 70 comme le digne héritier d'Alfred Hitchcock avec une touche de modernité, il entre dans la légende avec des films comme Scarface, Les incorruptibles ou Blow out. Mais qu'a-t-il fait depuis 15 ans ? Il donne l'impression de se la couler douce, surfant sur la popularité et le style qui ont fait son succès. Mais il faut bien avouer que Mission : impossible, Femme fatale ou Snake eyes ne sont pas des chefs d'oeuvre et Le Dahlia noir ne relève pas le niveau. Monsieur de Palma, il est temps de sortir de votre retraite !

La bande-annonce (Attention ! Curieusement, même après avoir vu le film, cette b-a donne envie de voir le film !) :

vendredi 13 novembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... L'interprète (The interpreter)

L'interprète est l'avant dernier film du spécialiste du thriller politique à savoir le talentueux Sydney Pollack décédé en 2008. Il raconte l'histoire d'une interprète de l'ONU (Nicole Kidman) surprenant une conversation où il est question du meurtre d'un président africain controversé lors sa visite prochaine. Surprise en pleine écoute, elle est traquée par des tueurs. Un agent des services secrets (Sean Penn) est engagé pour la protéger et faire toute la lumière sur cet attentat imminent. On reconnait d'emblée la patte de son réalisateur qui s'est entouré, pour l'occasion, de grosses pointures (Kidman, Penn, Anthony Minghella, Darius Khondji). Il est question, dans ce film, d'une organisation respectable - l'ONU- et d'un président africain accusé de génocide mais décidé à venir s'exprimer devant les nations pour expliquer qu'il s'agit d'un malentendu. L'enjeu politique décrit par Pollack est réel : quelle est la place de l'ONU face à ce genre d'abominations ? Le pouvoir d'un chef d'état peut-il tout permettre ? Sur ce fond, car cela ne reste finalement qu'un fond, le suspense du complot est halentant et les quelques scènes d'action très réussies. Néanmoins, certains aspects du film sont peu convaincants comme le passé africain de l'interprète qui aurait été rebelle dans sa jeunesse après que ... non, chut ! Enfin, ce film au romantisme désuet a le tact de nous éviter une scène d'amour entre les deux acteurs principaux, scène que l'on attend tous mais qui finalement ne vient pas : là, Pollack est plutôt réaliste; l'essentiel n'étant pas là, évidemment.

mardi 3 novembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... La guerre des mondes (War of the worlds)

Ce film est l'adaptation d'un des premiers romans de science-fiction datant de 1898 et écrit par H.G Wells. Ce qui est surprenant c'est qu'en 2005, nos films de SF soient inspirés de romans de plus de 100 ans. Il faut donc tout d'abord se prosterner devant l'imagination de cet écrivain célèbre dont l'histoire d'envahisseurs arrivant sur Terre traverse les siècles. Néanmoins, ce n'est pas le meilleur de Spielberg. Mise à part la mise en scène, l'action constante et les effets spéciaux de destruction réussis, l'histoire reste banale, si on peut parler de banalités quand il s'agit d'envahisseurs, de tripodes tueurs, de plus d'1 milliard de morts, des villes rasées. Ce coté vieillot nous rappelle les productions des années 70. Coté acteur, le numéro de Tom Cruise en docker profitant de ce malheur pour se racheter une conduite auprès de ses enfants n'est pas convaincant. Par contre, la courte apparition de Tim Robbins complètement aliené est sans doute le moment le plus flippant du film. De même que la scène du vol de voiture qui rappelle les films de zombies sauf que là, il s'agit d'humains terrifiés prêts à tout pour fuir une mort certaine. Glaçant !

jeudi 29 octobre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Man on fire

Tony Scott est un spécialiste des films d'action qui en ont dans la tête : USS Alabama, Ennemi d'état, Spy game ou True romance. Man on fire est bien de lui même s'il emprunte à John Woo (l'inventeur du ralenti) ou à son frère ainé Ridley Scott (Alien, Blade Runner) pour la musique notamment (la chanteuse Lisa Gerrard des Dead Can Dance a participé à la BO de Gladiator). Il raconte le vengeance d'un garde du corps (Denzel Washington, toujours aussi bon) décidé à éliminer tous ceux qui ont participé à l'enlèvement de sa jeune cliente d'une dizaine d'année interprétée par Dakota Fanning (La guerre des mondes). Ce film très stylisé dans sa réalisation est parfois fatiguant par ses nombreux ralentis, mais aussi par les flashs et autres effets visuels. Mais force est de constater que Tony Scott maitrise son sujet et qu'en terme de films d'action, il apparait toujours en avance sur son temps. Quant à l'histoire, elle prend son temps. Le film dure 2h30 et l'action commence seulement au bout de 50 minutes : alors film d'action ou pas ? Evidemment, pour rendre crédible cette histoire de vengeance, Tony Scott préfère nous montrer comment les liens entre cet ex-pro des renseignements maintenant alcoolique et cette jeune fille riche se sont tissés. Le film n'en est que plus réaliste mais il faut être patient. L'heure et demie qui suit ravira les fans d'action : Denzel Washington pour qui la rédemption a tourné court, n'a plus rien à perdre : certains vont s'en mordre les doigts ... enfin ce qu'il leur reste de doigts. A noter la présence de beaucoup de talents : Christopher Walken, Mickey Rourke, Radha Mitchell, Rachel Ticotin pour les acteurs; Brian Helgeland (Mystic River) pour le scénario.

La bande-annonce en V.O. :

vendredi 23 octobre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Coup de foudre à Notting Hill (Notting Hill)

L'amour impossible entre un petit libraire de quartier et une actrice célèbre, seul Hollywood pouvait en faire un film réussit. Ils sont les seuls à posséder la recette des comédies sentimentales capables de nous faire rire, de nous divertir et parfois de nous émouvoir. Parmi tous les films qui sortent chaque année, Notting Hill est une réussite dans la lignée de Quatre mariages et un enterrement ou Le mariage de mon meilleur ami. On y retrouve d'ailleurs les acteurs principaux de ces deux références : Julia Roberts parfaite dans ce rôle et Hugh Grant, acteur le plus romantique de sa génération ? La surprise de ce film est qu'il est surtout drôle : Notting Hill est une vraie comédie avec un scénario à rebondissements, des seconds rôles hilarants (mention spéciale à Rhys Ifans en colocataire de mister Grant). Bien entendu, on est loin du réalisme de la vie, la vraie. Mais on ne peut pas nier que l'on passe un bon moment ... au son d'une B.O. qui est ce qu'il s'est fait de mieux depuis bien longtemps : Elvis Costello, Al Green, Ronan Keating, Pulp. A voir donc, sans hésitation ... à moins que vous ne soyez allergique à Hugh Grant et Julia Roberts qui ont la part belle dans cette romane americano-britannique.

La bande-annonce en V.O. :

mardi 20 octobre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Michael Clayton

Ce qu'il y a de bien avec George Clooney (ici acteur principal et producteur) c'est que, comme il a joué un chirurgien peu crédible dans une série à succès et cette image restant indélébile, on ne peut que le trouver étonnant dans la plupart de ces rôles. Celui-là n'échappe pas à la règle. Michael Clayton (c'est lui) est un avocat travaillant pour un grand cabinet new-yorkais. Et son activité au sein de cette entreprise pour laquelle il travaille depuis longtemps est peu commune : il est considéré comme le meilleur pour ce qui est de 'régler' les affaires douteuses, de celles qui sortent du cadre de la loi, de celles qui sauvent les têtes des plus fortunés. Malheureusement, l'affaire à venir implique l'un de ses collègues et ami qui a décidé de mettre péril l'un de plus gros client du groupe et tout cela sur fond de crise sanitaire. Le film est un peu lent au démarrage dans le sens où à vouloir placer le contexte, le réalisateur nous noit dans de multiples histoires et liens entre les personnages. Passé un début délicat, le suspense arrive à point nommé. George Clooney n'en fait jamais trop; Tilda Swinton (Benjamin Button, Burn after reading) est aussi très convaincante. Enfin, ce film est la dernière apparition au cinéma du grand Sydney Pollack (Out of Africa, Tootsie, La firme). Alors rien que pour le revoir au coté d'un futur grand (Clooney, je prends les paris), ce film vaut le détour.

lundi 19 octobre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Shakespeare in love

Comme son nom l'indique, ce film raconte les tribulations amoureuses du célèbre Shakespeare. Décidé à trouver la muse qui le sortira du terrible syndrome de la page blanche, il va tomber amoureux d'une riche héritière destinée à un avenir doré. Mais c'est sans compter sur la passion de cette dernière pour le théatre. A cette époque (fin du 16 ème siècle), les femmes n'ont pas le droit de jouer la comédie. Alors, les acteurs jouent tous les rôles dont ceux des femmes. La troupe de Shakespeare (Joseph Fiennes) se réunit pour tenter de monter les premières représentations de ce qui deviendra la plus célèbre pièce du maître anglais : Roméo et Juliette. Cette comédie romantique en costume raconte donc comment Shakespeare retrouva l'inspiration en décrivant son propre amour impossible. La belle Viola est jouée par Gwyneth Paltrow. Bien que l'on ne s'ennuie guère durant ce film de plus de 2 heures, le coté 'hollywoodien' est trop visible, trop présent : à commencer par le choix des acteurs, trop lisses. Quant au scénario, il est difficile par exemple, de croire que tous sont dupes de cotoyer Viola grimée en garçon pour pouvoir participer à la pièce : c'en est presque ridicule. Ce film, à sa sortie, connu un triomphe et rafla 7 Oscars sans compter les autres prix. 10 ans plus tard, il reste une gentille comédie qui ne se bonnifiera pas avec le temps.

mardi 13 octobre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Les amants du Capricorne (Under Capricorn)

Un film d'Alfred Hitchcock est toujours une curiosité à découvrir surtout qu'il en réalisé beaucoup (56 pour être précis) et parmi eux, des plus ou moins connus. Les amants du Capricorne fait parti de ces films peu célèbres car il n'a pas connu le succès tel que ceux de Sueurs froides, Les oiseaux ou Fenêtre sur cours. D'ailleurs ce film sort un peu de la filmo du maître du suspense du fait que ce film d'époque, en costume et au romanstisme assumé n'est pas un film à ... suspense. L'histoire se déroule en Australie en 1831 et raconte les retrouvailles entre Henrietta (Ingrid Bergman) et Charles Adare, tous les deux ancienne et actuel aristocrates. Malheureuse depuis plusieurs temps auprès de son mari, riche propriétaire terrien issu des couches basses de la société, elle va retrouver le goût de vivre auprès de sa vieille connaissance. La jalousie de son mari ne va pas se faire attendre. Tourné en 1949 juste après le très efficace huis-clos La Corde, Les amants du Capricorne déçoit et ennuie. On n'y voit pas la patte d'Hitchcock qui souhaitait, avec ce film, montrer qu'il pouvait faire des films pour tous. Malheureusement, les longs plans-séquences sont fatiguants et l'histoire romanesque attendue est loin d'être séduisante. Les quelques minutes de suspense en fin de film arrivent beaucoup trop tard même si le dénouement est sensé nous expliquer le malaise d'Henrietta. Cet Hitchcock est donc décevant et n'est, selon moi, pas nécessaire à voir pour admirer la magnifique oeuvre de ce maître souvent copié mais jamais surpassé. Enfin, comme à son habitude, Hitchcock apparaît furtivement dans le film : en connaisseur, je m'y étais préparé mais je l'ai loupé. Ah ! le coquin.

Le thème musical du film sur un montage photos :

lundi 12 octobre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Amadeus

Milos Forman (Vol au-dessus d'un nid de coucou, Hair, Man on the moon) adapte au cinéma Amadeus, une célèbre pièce de théatre à la mode à Londres à la fin des années 70. Et c'est une réussite. Ce biopic raconte la vie du célèbrissime Wolfgang Amadeus Mozart et ce qui est intéressant, c'est qu'il est narré par son rival à la cour de Vienne, le moins célèbre Antonio Salieri. Tout deux se sont retrouvés en même temps compositeur de l'empereur d'Autriche l'un se jouant des conventions et étant considéré comme un génie, l'autre respectant ses pairs et la voie de Dieu et finalement se retrouvant à chercher le moyen d'évincer son rival. Ce film romancé montre Salieri comme le méchant et Mozart comme un naïf, certe très talentueux et jouissant d'une forte réputation. La réalité n'a jamais démontré ce qui est dépeint dans ce film mais le lyrisme, la musique, l'ascension de celui qui allait devenir un des plus grands génies de tous les temps et la réalisation dynamique font de ce film hollywoodien un grand moment de cinéma. On y voit un jeune Mozart dévoué corps et âme à son art, plus tôt enseigné par son père. C'est aussi une leçon de culture : il est à l'origine des airs les plus connus et d'opéras aussi célèbre que Don Giovanni, Les noces de Figaros ou La flûte enchantée. Malheureusement, il mourut très tôt à 35 ans d'une mort dont les causes ne sont toujours pas connues. Le film d'ailleurs ne démontre pas les causes de sa mort même si Salieri s'en accuse. Ce film reçu 8 Oscars en 1984 dont F. Murray Abraham pour celui du meilleur acteur dans le rôle de Salieri.

samedi 10 octobre 2009

Hier soir, j'ai (re)vu ... Match Point

Quelle claque ! J'étais déjà très admiratif des films de Woody Allen (mes préféres sont : September et Hannah et ses soeurs). Mais avec celui-là c'est un peu comme si ses fans de la première heure étaient récompensés. C'est un chef d'oeuvre machiavélique et à la morale très subversive. La morale est souvent chahutée dans les films d'Allen et Match Point confirme le cynisme d'une sorte de réalité propre au cinéma d'Allen. Pour ceux qui ne l'auraient pas encore vu, Match Point raconte l'histoire d'un jeune entraineur de tennis (Jonathan Rhys-Meyers) d'un club huppé de Londres qui rencontre une famille bourgeoise dont il va épouser la jeune fille. Mais c'est sans penser que la rencontre avec la fiancée de son beau-frère va complètement chambouler ses plans. Attiré implacablement par la très sexy Nola Rice (Scarlett Johansson), il va mettre en péril son couple, son travail, ses relations... en somme, une vie bien établie. Les films d'Allen sont, pour la plupart, centrés sur les états d'âmes, les fantasmes et les émotions de ses personnages. Ses héros sont souvent des hommes à travers lesquels Woody Allen s'exprime. L'identification est donc souvent très forte ce qui procure forcément des sentiments et des réactions à ses spectateurs (qu'ils soient homme ou femme). Il est évident qu'une fille comme Nola Rice est attirante et Chris se laisse tenter peu à peu, ce qui l'amènera à cette passion destructrice. D'un autre coté, vivre cette passion n'implique pas pour lui la remise en cause de son couple ce qui fait de lui un lâche : avec sa femme puis avec sa maîtresse. Mais n'en disons pas davantage. Ce film mérite d'être découvert telle une tragédie grecque et c'est avec insistance que je vous conseille de le voir. Un chef d'oeuvre je vous dis !

mardi 6 octobre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Slumdog millionaire

Le dernier film de Danny Boyle (Trainspotting) est est devenu exceptionnellement célèbre. La faute aux Oscars qui lui en ont réservé 8 en 2009 ! Mettons de coté ce petit détail pour rester objectif face à ce film. Slumdog millionaire raconte l'histoire de Jamal Malik, 18 ans, indien des bidonvilles de Bombay qui, contre toute attente, se retrouve sur le plateau de la version indienne de Qui veut gagner des millions ?, à une bonne réponse des 20 millions de roupies. Pendant ce temps qui le sépare du jackpot, Jamal va devoir répondre à l'interrogatoire de la police qui voit en lui un tricheur, incapable d'être aussi cultivé quand on a grandit dans la rue. C'est à travers les questions et les réponses de ce jeu que Jamal va nous raconter son enfance, sa famille, son amour. Tout d'abord le concept de Boyle d'associer chaque question à un passage de la vie du héros est une belle idée. Il est clair que cette vie aussi malheureuse qu'elle soit a fait découvrir de nombreuses choses à Jamal : la violence, l'argent, la poésie, etc. Cela rend l'histoire passionnante et peu importe qu'elle soit vraie ou non. Ensuite, les acteurs sont attachants : les enfants surtout mais aussi ce couple de jeunes amoureux moins intéressés par l'argent que par leurs retrouvailles. L'actrice jouant Latika est d'ailleurs une jolie révélation : nous retrouverons Freida Pinto dans le prochain Woody Allen (ah ! ce Woody, toujours le premier sur les jolies filles). Enfin, la réalisation de Boyle est soignée : le choix de tubes actuels et très rythmés sur les images de bidonvilles est une réussite. Reste le rôle du présentateur télé : on a du mal à croire en cet escroc traitant son invité comme un chien des bidonvilles (slumdog) allant jusqu'à l'humilier en direct. Quoi qu'il en soit, ce film fera parti des bons crus de son réalisateur anglais dont l'inspiration n'a pas toujours été au rendez-vous.

Une des chansons du film Paper planes de Mia (sur des images du film) :

lundi 5 octobre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Qui a tué Bambi ?

Bambi est une jeune infirmière qui ne tient pas sur ses jambes. En tout cas, c'est le surnom qu'un neurochirurgien chevronné a donné à cette toute nouvelle stagiaire le jour où il est témoin de l'un de ces malaises. Cette rencontre est le point de départ d'un thriller hospitalier réunissant Sophie Quinton (l'infirmière) et le très convaincant Laurent Lucas en médecin troublant et flippant. L'atmosphère du film est glaciale et le fait que l'histoire se passe dans un grand centre hospitalier y est pour beaucoup : du coup, on stresse beaucoup sans jamais vraiment voir les atrocités qu'il s'y passe. Tout est suggéré et c'est en cela que le film est fort. Le scénariste Dominik Moll aussi connu pour ses réalisations telles que Lemming et Harry, un ami qui vous veut du bien est un spécialiste des ambiances tendues, où les personnages sont à cran et où l'inconscient et le rêve chevauchent la réalite. Dans Qui a tué Bambi ?, Bambi fait des rêves qui semblent avoir un sens et qui devraient l'aider dans sa quête de la vérite : mais en a-t-elle seulement conscience ? Quand Urgences fait naître des vocations, Qui a tué Bambi ? vous dégoutera de ce monde (in)hospitalier.

Bande-annonce :

dimanche 4 octobre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Pur week-end

Que feriez-vous si l'un de vos meilleurs amis, emprissonné pour trafic de drogues, vous demandait de le laisser d'évader pendant sa permission ? C'est face à ce dilemme qu'une bande de vieux copains se retrouve le temps d'une comédie sympathique. Pour ce film, Olivier Doran (Le coach) réunit une pléiade (ils sont 7) de comédiens (spécialistes des comédies) : Kad Merad, Bruno Solo, Anne Marivin (Bienvenue chez les Ch'tis) ou Valérie Benguigui (Jet Set). Le film a la bonne idée de ne durer qu'une heure et demi pendant laquelle on ne s'ennuie pas et on l'on rit même de bon coeur ! Il y a des invraisemblances, c'est sûr; mais ce film est l'exemple type du film de la chanson de Benabar "Le dîner", lorsqu'on n'a pas envie de sortir pour plutôt aller se cacher sous les draps avec une bonne pizza. A noter que la B.O. du film est excellente : Ten Years After, Smash Mouth, Katie Melua, etc.

vendredi 2 octobre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Truands

Comme son titre et son affiche l'indiquent, Truands traite du grand banditisme (parisien actuel). La violence est donc au centre des débats que ce soit pour la lutte du pouvoir ou bien dans les relations avec les femmes par exemple. Les hommes apparaissent comme des êtres machos, violents, sans état d'âme. Et à ce jeu là, les acteurs s'en donnent à coeur de joie. Tout d'abord, Benoit Magimel jouant le rôle d'un truand tenant à son indépendance et semblant beaucoup plus intelligent que les autres. Mais il en fait des tonnes : surtout lorsqu'il fume ses clopes, hésitant entre mimer Robert de Niro ou Bruce Willis. Ensuite Philippe Caubère (Corti). Il interprète le grand chef, craint par tous jusqu'au jour où il se fait emprisonner : lui aussi surjoue son personnage de fou dangeureux. Les autres acteurs ne s'en sortent pas mieux (quelle idée d'avoir proposé un rôle à Tomer Sisley qui fait tâche dans cette bande de truands) mise à part Béatrice Dalle qui dans un rôle secondaire, représente parfaitement l'épouse de Caubère. Quant à l'histoire, elle est compliquée : beaucoup de personnages, pas vraiment de fil conducteur, on s'ennuie vite et le film paraît long. De plus, les relations entre les personnages sont peu expliquées ce qui ajoute au fait que décidément, on ne croit pas en cette histoire de truands pourtant bien décidés et assumant parfaitement leurs meurtres : voir la scène où après avoir ôter les yeux d'un traitre, Corti 'gobe' ses huitres ! Bon appétit.

mardi 22 septembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Le grand sommeil (The big sleep)

Bon d'accord, ce film réunit deux sex symbol : Lauren Bacall et Humphrey Bogart. Et en plus, c'est le premier film qui réunit ce couple "à la ville" qui s'était formé après Le port de l'angoisse en 1944. Bon d'accord, il est réalisé par l'un des plus grands metteurs en scène de l'époque : Howard Hawks à réalisé, entre autres, Scarface (1932), Les hommes préfèrent les blondes (1953) ou Rio Bravo (1959). Bon, c'est aussi l'adaptation d'un célèbre roman du non moins célèbre Raymond Chandler. Pour les connaisseurs, il s'agit donc d'une histoire du détective privé Philip Marlowe qui enquête sur un maître-chanteur décidé à soutirer des dollars à l'une des deux filles d'un riche vieillard. L'autre soeur (Bacall) va aider Marlowe dans une enquête sombre et complexe. Malheureusement, cette histoire est complexe, aussi pour le spectateur. Ca piétine dans tous les sens. Certes, Lauren Bacall est magnifique, les dialogues millimétrés sont agréables et l'humour pince-sans-rire un brin désabusé de Bogart bien amené. Mais ce film reste impénétrable tant on finit par s'ennuyer voire... à s'endormir. Bonne nuit.

vendredi 18 septembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Cette femme-là

Ce film au titre 'bateau' est un polar noir, glacial et frissonnant. Autant dire que pour Josiane Balasko, jouer un capitaine de police insomniaque est un contre-emploi. Et sur ce terrain, elle est plus que convaincante. Enquêtant sur une affaire de suicide, Michèle Varin (Josiane Balasko) est victime de fortes insomnies et de cauchemards où la mort rôde sans arrêt. A l'approche de la date anniversaire de la mort de son fils, ses peurs ressurgissent l'entrainant au plus profonds de ses rêves morbides qui vont jusqu'à pénétrer la réalité. Le réalisateur Guillaume Nicloux (Le poulpe, Une affaire privée) mélange finement rêves et réalité et ça fait peur ! Il a fait un film très stylisé, avec de beaux plans fixes qui ont tous leur signification, leur rôle : c'est le type de film où rien n'est laissé au hasard; une réplique , un décor, un arrière-plan, un personnage secondaire. Néanmois, s'attardant d'avantage sur son héroine que sur l'enquête, le film piétine un peu dans son compte-rendu d'explications à propos des meurtres. On retient au final une jolie prestation de l'une de nos plus grandes comiques françaises et un film bien réalisé.

jeudi 17 septembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... District 9

La nouvelle production de Peter Jackson (King Kong, Le seigneur des anneaux) mérite toute l'attention qu'on lui porte. Car ce film sort de l'ordinaire. Imaginez ! Un vaisseau extraterrestre accidenté en plein ciel au-dessus de Johannesburg depuis plus de 20 ans. Ses résidents, des aliens non violents, 'accueillis' par les habitants et parqués dans des camps militarisés les obligeant à survivre en autonomie à la solde des gangs qui profitent d'eux et les oppriment. Mais tout cela sent la rupture, l'éclatement proche. Ce film est sans aucun doute un film de SF : effets spéciaux à la pointe, aliens humanoïdes, armes futuristes. Mais ce n'est que la première couche. Quand on gratte un peu, rien n'a été fait au hasard : de la ville qui sert de décor, des camps délimités par les barbelés, des lieux publics réservés aux humains, de l'oppression d'un peuple malvenu. Cela ne vous rappelle rien ? Le réalisateur est né et a grandit à Johannesburg en plein Apartheid. La violence qui règne alors la-bàs est indescriptible. Et les townships de véritables camps de la mort dans le sens où l'on y naît et l'on y meurt. Cette métaphore de la ségrégation des noirs par l'oppression d'aliens est une trouvaille : un prétexte à politiser un film qui n'en a pas l'air. Neill Blomkamp ne s'attache pas à raconter l'arrivée des aliens mais décrit d'emblée, à la manière d'un docu, leur vie depuis que 20 ans se sont écoulés. Et un homme travaillant de toute ses forces à les tenir à l'écart va se retrouver peu à peu plus proche d'eux et prendre conscience de ce lamentable traitement. En somme, ce film est violent, drôle, sale, surprenant, intelligent et ... inclassable.

mardi 15 septembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... The wrestler

On a forcément l'impression de voir la version catch de Rocky Balboa en regardant The Wrestler. Il n'apporte donc rien de nouveau. Mais là où Rocky traine derrière lui 5 films très inégaux, The Wrestler est une sorte de rareté : c'est là toute son ambiguité. On a l'impression d'avoir vu et revu ce type de film mais on se laisse tout de suite embarquer par cette histoire de catcheur vieillissant dont le succès n'est maintenant qu'un vague et lointain bruit de foule et qui se retrouve face à son passé, sa fille, sa santé. La 1ère raison de son succès (ce film a rafllé beaucoup de prix en 2008) est son réalisateur. Darren Aronofsky est, selon moi, le réalisateur du réalisme. Il est un des rares, dans ce métier, à dépeindre la vie telle qu'elle est : ses personnages sont souvent moches et vieux, ses décors sont souvent froids et ternes, et ses histoires sont souvent glauques et folles. La folie qui anime Pi est inoubliable; je ne suis pas prêt d'oublier non plus Requiem for a dream dont le réalisme est insoutenable. The Wrestler a son coté glauque : ce catcheur doit être fou pour subir ce qu'il subit sur le ring à son âge. De plus la scène, où toutes ces anciennes stars se retrouvent dans un salle de sport à attendre de vieux fans pour un séance de dédicace est très dure; leur gloire réduite à quelques VHS étalée sur une table fait pitié : à l'époque du DVD, on constate qu'ils sont à coté, en marge, que sans fans il ne sont plus que des rebus inutiles. Pour interpréter ce catcheur à la recherche de cette gloire passée, Mickey Rourke est la seconde raison de ce succès. Il est touchant. Taillé pour ce rôle qui pourrait être une sorte de transposition de sa propre vie. Et dire que Nicolas Cage et Sylvester Stallone étaient préssentis et qu'ils ont refusé : ouf ! Rejeté par ce qui lui reste d'entourage, tentant de rafistoler les petits morceaux de sa vie, Randy "The ram" n'a plus qu'a jeter ses dernières forces dans la seule chose qu'il sait faire, sans autre issue possible. Et dans les films d'Aronofsky, la ligne du destin est traçée pour ne plus être déviée comme il est courant de le voir dans les films américains. Ce film est littéralement un drame car la vie peut être malheureuse.

La bande-annonce :

lundi 14 septembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Mon petit doigt m'a dit

Comme beaucoup d'adaptations d'un roman d'Agatha Christie, Mon petit doigt m'a dit possède des caractéristiques propres au monde de la célèbre romancière : le charme bourgeois de ses héros, peu d'action au profit d'un suspense à tiroir, une histoire qui demande à fouiller dans le passé des personnages. On aime ce genre de film pour tout cela ou bien on reste indifférent car trop lent, trop long. Prudence Beresford (Catherine Frot) est une bourgeoise qui s'ennuie : son dada est d'enquêter sur des mystères qu'elle seule ne voit et qui semble incongrus pour les autres (sa famille fait les frais de son hobbie). Aidée de son mari Bélisaire (André Dussolier), elle va découvrir une soi-disante histoire de meurtres d'enfants et de mamies. Toute la 1ère partie du film est sympathique : il est agréable de regarder Prudence découvrir le moindre petit indice qui n'en semble pas un et on se dit qu'elle se fait des films. Mais c'est sans compter sur les rebondissements Christien et force est de constater que la réalité rattrape les suppositions. Cette réalité plombe un peu le film qui s'essouffle brusquement. Un peu long au final mais efficace pour trouver le sommeil. Une suite est sortie en 2008 : Le crime est notre affaire.

dimanche 13 septembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... A la rencontre de Forrester (Finding Forrester)

Si vous avez aimé Good Will Hunting, vous aimerez ce film du même réalisateur Gus Van Sant. Finding Forrester est dans la même lignée que son grand frère oscarisé car il raconte la rencontre inattendue entre un jeune black du bronx ayant un don pour l'écriture et déjà une grande culture de la littérature et un vieil écrivain ayant son compteur bloqué à 1 succès et vivant reclu depuis. Gus Van Sant aime filmer la jeunesse, sa filmographie le prouve : Elephant, Paranoid Park, etc. Mais il aime avant tout les rapports entre le jeune en devenir et son ainé tantôt force guidante, tantôt âme fragile. Bien entendu, les vies de chacun vont changer : l'un va se révéler au contact d'un véritable père de substitution, l'autre va rependre goût à la vie à partir du moment où l'avenir et l'espoir franchiront sa porte. Pour un homme comme William Forrester (magnifiquement interprété par Sean Connery), une rencontre comme celle-ci est une sorte de guérison : il se voit à travers ce jeune homme dont le talent ne demande qu'à exploser et dont l'amitié, car il s'agit aussi de cela, finira par donner un sens à sa vie. Le film se termine d'ailleurs sur un message d'espoir porté par la magnifique chanson d'Israel Kamakawiwo'ole : Somewhere Over The Rainbow.

La musique de fin du film :