mercredi 24 mars 2010

Hier soir, j'ai vu ... Blow

Relatant la véritable histoire de George Jung, Blow raconte l'ascension d'un petit dealer de marijuana au rang de protégé de l'un de plus gros trafiquants mexicains de cocaïne à savoir Pablo Escobar (le célèbre cartel de Medellin). Passons tout d'abord sur la coiffure ridicule de Johnny Depp. Le sujet du film se passant dans les années 70, Ted Demme ne nous épargne rien : musique, vêtement et coupes de cheveux (donc) d'époque. On se croirait dans un hommage aux films et aux séries policière seventies, époque assez ringarde pour le cinéma américain. Malgré ce côté revival, on accroche tout de même à la destinée de ce garçon qui voulu à tout prix échapper à la vie routinière et pénible de ses parents (beau rôle pour l'émouvant Ray Liotta). Bien sûr, ce n'est pas le meilleur de Johnny Depp. De même, le rôle que tient finalement Pénélope Cruz n'est qu'un second rôle ... et un argument de vente sur l'affiche ? Quoi qu'il en soit, on assiste à un bon moment de cinéma sur l'histoire vraie d'un homme avide de liberté mais trop gourmand et trop naïf pour savoir s'arrêter à temps. Finalement et ironiquement, il se retrouvera, un temps, à l'exacte place de son père avant de définitivement se faire arrêter. George Jung est toujours en prison à ce jour : sa libération est prévue en 2014.

mardi 23 mars 2010

Hier soir, j'ai vu ... Deux jours à tuer

Difficile de raconter Deux jours à tuer sans en dévoiler le sujet principal sur lequel il est conseillé d'en savoir le moins possible pour apprécier la réalisation. Si vous n'avez pas vu ce film (et souhaitez le voir), ne lisez pas ces lignes.
Ce magnifique film de Jean Becker (Elisa, L'été meutrier) réunit Albert Dupontel et Marie-Josée Croze en mari et femme. Il raconte l'histoire d'Antoine (Dupontel) qui en quelques heures, le temps d'un week-end, va détruire tout ce qu'il a : travail, couple, amis. La violence avec laquelle il fout en l'air tout ça a de quoi surprendre voire choquer. L'histoire d'adultère nécessite-t-elle vraiment de mettre fin aussi soudainement à tant d'années d'amour avec sa femme ? N'y aurait-il pas un mal plus profond qu'Antoine cacherait à son entourage ? Le début du film surprend donc : comme la femme d'Antoine, comme ses amis, on ne comprend pas. Et on accepte mal ce début de film tant tout semble démesuré voire irréaliste. Evidemment, le film cache quelque chose. Pour qu'Antoine ait si subitement envie de vivre, c'est parce qu'il vient d'apprendre qu'il va mourir. Lorsqu'on apprend enfin le mal qui le ronge, le film prend une toute autre dimension et c'est la grosse claque. A la manière du personnage du film d'Ozon - Le temps qui reste - Antoine décide de mourir seul (ou presque) en mettant fin à tout ce qu'il a de plus cher, la rupture étant plus simple que l'apitoiement. Cela fait discuter bien sûr : que ferai-je à sa place ? Ce geste égoiste peut-il être compris par sa famille ? Ce film m'a extrêmement ému (comme celui d'Ozon); le sujet m'ayant vraiment touché. Les prestations d'acteurs sont poignantes et Dupontel confirme là son immense talent dramatique. Un film incontournable et inoubliable.

lundi 22 mars 2010

Hier soir, j'ai vu ... Je préfère qu'on reste amis

Avant Tellement proches, Olivier Nakache et Eric Toledano mettaient en scène l'histoire de Claude, trentenaire célibataire et timide. Poussé par un ami à consulter un spécialiste des rencontres, il va se lier d'amitié avec un autre client qui, selon ce dernier, enchaine les rencontres et les rendez-vous galants. Jean-Paul Rouve joue le célibataire pas très séduisant (totalement crédible) et Gérard Depardieu joue le cinquantenaire qui assure (aussi crédible, tant il a ligne et la blondeur éclatante d'un jeune premier). Le second va inculquer à l'autre ses trucs pour assurer les rencontres à coups de statistiques rédibitoires. Ces deux acteurs ont un grand potentiel comique. Il jour d'ailleurs tous les deux un rôle qui leur va comme un gant. Mais, il manque un petit quelque chose à ce film qui nous empêche de nous esclaffer et qui nous entretient dans une espèce de retenue désagréable. L'histoire n'a jamais l'air de décoller. On s'en bien que ces deux hommes sont seuls même si l'un ne veut pas l'avouer. D'ailleurs, la compagnie d'un loser tel que Claude ne fait que renforcer son image de belâtre sur le déclin (ce que son ex-femme ne manque pas de lui rappeler). Bref, la morale n'est pas bien surprenante : les personnes profondément seules ne sont pas toujours celles que l'on croit et l'amitié entre ces 2 hommes, intéressée au début, va se transformer entre une réelle complicité. Mais, à l'image de l'affiche, j'aurais préférer rire un peu plus, non ?

mercredi 17 mars 2010

Hier soir, j'ai vu ... MR 73

Après 36, quai des orfèvres et ses flics ripoux, Olivier Marchal s'attaque dans MR 73 (du nom d'un révolver) aux flics détruits. Ces deux thèmes chers à Marchal (ancien policier de la PJ) sont d'ailleurs magistralement repris dans sa récente série Braquo. MR 73 raconte l'histoire de Louis, au plus profond de la dépression tentant sans grande motivation de remonter la pente. Louis, interprété par Daniel Auteuil (qui n'est jamais aussi bon que dans ce type de rôle dramatique) a perdu sa fille dans un accident de voiture et sa femme est restée tétraplégique. Une histoire de meurtres en série va le faire tenir malgré l'alcool et ses dérives professionnelles qui sont de plus en plus nombreuses. Il évite de peu le chômage qui signifierait sa fin. Parallèlement à cela, un meurtrier, qu'il a mis sous les verrous 30 ans plus tôt, va être libéré ...
Le drame de Louis pourrait être transposé dans n'importe quel milieu, mais il trouve dans le milieu policier une certaine résonnance. On y voit d'abord, un police qui passe les pires abus d'un flic parce qu'il a été respectable par le passé. Puis on y voit, d'autres flics prêts à tout pour enfoncer leur collègue (autre thème de 36, quai des orfèvres). On se demande en voyant les films de Marchal, comment ce dernier aurait fini s'il était resté à la PJ tant ses films sont sombres et sans espoir. Cette réalité, si elle est telle qu'il l'a décrit, a de quoi faire frémir. Rares sont les films policiers qui entre aussi profondément dans les méandres des relations entre psy et flics comme si, et on ne peut s'empêcher d'y penser, Olivier Marchal allait passer le reste de sa vie à exorciser, à travers ses films, les traumas du passé.

mardi 16 mars 2010

Hier soir, j'ai vu ... Tellement proches

Nouvelle comédie sur la famille, Tellement proches démarre sur les chapeaux de roues. Invités, comme chaque semaine, chez son beau-frère, Alain et sa femme Nathalie vont passer une soirée ... mémorable entre crises de nerfs et concours de baffes. En effet, Alain (Vincent Elbaz), en épousant Nathalie (Isabelle Carré), ne savait pas qu'il épouserait aussi sa famille; son beau-frère en tête (François-Xavier Demaison). Tiraillé entre le sens de la famille de sa femme et son rejet pour toutes les valeurs de sa belle-famille, Alain est au bord de l'explosion : ce qui arrive... lorsque excédée, sa belle-soeur gifle l'enfant turbulant d'Alain et Nathalie. Cette scène de dîner est un régal. Le couple joué par Audrey Dana et FX Demaison est vraiment drôle dans le genre parents idéals prenant leur fille pour un singe savant. Le reste du film est moins enlevé mais il réserve tout de même des pointes de rires ici ou là. La bonne surprise est que le fond du sujet de ce film reste l'admiration d'un enfant pour son père : c'est touchant et assez inattendu quand on voit toutes les directions et tous les thèmes que ce film tente d'aborder sans jamais pour autant oublier son rôle premier : faire rire et là, c'est de la famille qu'on rit ... ce qui ne fait pas de mal.

samedi 13 mars 2010

Hier soir, j'ai vu ... La ligne rouge (The thin red line)

Si ce film devait avoir une suite, ce pourrait être Voyage au bout de l'enfer et Jarhead comme proche cousin. Scrutant les traumas les plus profonds des soldats américains, Terrence Malick (réalisateur rare mais talentueux) réalise un film hyper-réaliste où la mort et la peur sont les premiers acteurs. L'action n'est pas vraiment située ni en lieu, ni en date (il s'agit de la bataille de Guadalcanal) : comme si cette guerre pouvait être n'importe laquelle; le sujet n'étant pas la reconstitution d'une bataille. A travers des journées de tuerie, Malick s'attarde sur les visages de soldats du plus au moins gradé. On y voit ces hommes qui ont peur de mourir, de ne plus revoir leur femme (qui est donc cette femme que l'on voit en flashback, la femme de l'un d'entre eux ou celle de tous à la fois ?), qui ont aussi peur de tuer, qui pense à la désertion, à la désobéissance. Parmi ces hommes, il y en a un qui n'a pas peur de la mort, croyant à une vie dans l'au-delà, croyant à un repos mérité. Il est le narrateur du film et est magnifiquement interprété par Jim Caviezel (La passion du Christ). Terrence Malick a l'intelligence de montrer aussi que les Japonais du camp adverse sont autant terrorisés que leurs assaillants : la guerre n'est pas qu'une opposition entre brutes sans consciense comme on a l'habitude de le voir au cinéma. Terrence Malick fait partie de ces cinéastes (tout comme Sam Mendes) qui analysent, à travers leurs films, la nature de l'homme et aux traumatismes indélébiles (on le sait) que ces expériences laisseront. A noter que la réputation de Malick était telle qu'à l'époque de la réalisation de ce 4ème film en 30 ans, le tout Hollywood se pressa pour faire partie de l'événement : Nick Nolte, John Travolta, Sean Penn, John Cusack, George Clooney, Woody Harrelson et bien d'autres sont ces hommes blessés et traumatisés par une guerre qui reste une question sans réponse.

jeudi 11 mars 2010

Hier soir, j'ai vu ... Avatar

Nous étions donc rester en 1997, au milieu des débris du Titanic, à imaginer si un autre film pourrait avoir, un jour, un tel succès et surtout un tel côté fédérateur attirant petits et grands, hommes et femmes et ce, dans le monde entier. Alors, 13 ans plus tard, qu'est-ce qui a permis ce nouvel exploit ? Le scénario, James Cameron ou la 3D ? On sait que la 3D n'est plus une révolution depuis quelques années avec la multiplication des films sortis dans ce format (Là-haut, Montres contre Alien) : les succès sont souvent au rendez-vous mais sans commune mesure avec Avatar. Et ce n'est pas ce dernier qui révolutionne la 3D : la déception face au peu d'immersion et d'interaction avec le spectateur est assez grande. Quant à l'histoire, sans dire que c'est du déjà-vu (le dénouement est attendu), le monde fanstatique des Na'vis est une expérience cinématographique intéressante, montrant tout le travail que Cameron a mené pendant les 10 ans qu'a duré ce projet. Le principe de l'avatar est une autre curiosité devant laquelle s'extasieront les plus jeunes d'entre nous. On comprend vite l'addiction de Sam Worthington pour son personnage bleu, lui qui, ancien Marine, a perdu l'usage de ses jambes. Quant à son rôle du défenseur de ce peuple pacifique et écologique, il est sans surprise, rappelant au passage le sujet de La forêt d'émeraudes de John Boorman. Reste Cameron. On sait, aujourd'hui, que le nom d'un réalisateur ne peut à lui seul faire venir les foules dans les cinémas à part quelques exceptions qui ont leurs fidèles. Avec Titanic, Cameron a acquis ce statut et bénéficie aujourd'hui sans doute un peu de l'attention de ceux à qui il avait fait chavirer le coeur il y a 13 ans. James Cameron est maintenant encore plus riche; quant à nous, nous le sommes d'avoir pu voir ces deux événements au cinéma dont on en reparlera dans 30 ans.

mardi 9 mars 2010

Hier soir, j'ai vu ... Laisse tes mains sur mes hanches

Ce film de et avec Chantal Lauby tire son titre d'une chanson d'Adamo qui est le thème musical principal, comme un leitmotiv des fantasmes d'Odile Rousselet. A 40 ans passés, mère célibataire, son unique fille, quitte le foyer pour s'installer avec son copain. Cette annonce telle une tremblement de terre, chamboule la vie de cette comédienne au succès passé et pour laquelle la solitude pointe largement son nez. Crise de la quarantainte, recherche des frissons de d'amour et solitude donc, sont les thèmes de Laisse tes mains sur mes hanches, comédie rigolote où l'humour made in Les Nuls plane du début à la fin. Malheureusement, les apparitions de Chabat et Farrugia et les références à La cité de la peur ne soutiennent pas la comparaison avec le film de Berbérian, festival d'humour potache aux répliques inoubliables. Non, ici, on rigole peu, on s'ennuie même tant le personnage d'Odile cherche sa nouvelle identité de femme seule sans jamais trouver de réponse qui pourrait faire de ce film une analyse intéressante de ce passage obligatoire pour toute mère. D'ailleurs, l'épisode amoureux d'Odile avec ce jeune forain laisse froid; la scène du "c'est moi qui décide d'embrasser" ressemblant plus à un gag alors qu'on souhaiterait à ce moment du film ressentir un peu d'émotion.

lundi 8 mars 2010

Hier soir, j'ai vu ... Kingdom of heaven

Pendant les guerres saintes, un ferronier français devient le défenseur de Jérusalem. Quel destin ! Bon, raconté comme ça, on a du mal à y croire. Mais cette histoire est inspirée de faits réels et c'est sans se souvenir du talent de Ridley Scott pour mettre en scènes les épopées grandioses d'âmes blessées et esseulées. On ne peut s'empêcher de comparer ce film et son héros Balian (Orlando Bloom) à Gladiator et Maximus dont le femme et les enfants ont été sauvagement assassinés. Ici, la femme qui portait l'enfant de Balian s'est donnée la mort; ses funérailles honteuses et cruelles finissant par pousser le futur chevalier à quitter son village perdu de France et suivre une troupe de soldats en partance pour la Terre Sainte. Retrouvant ainsi son père (Liam Neeson), Balian va trouver la force et le courage de défendre un peuple nouveau pour lui qui subit les pressions et les humiliations d'une horde de guerriers avides de sang et de batailles. L'interprétation d'Orlando Bloom n'a pas l'aura vengeresse que pouvait avoir celle de Russel Crowe : le choix de cet acteur habitué aux rôles en jupette et épée (Le seigneur des anneaux, Troie) n'est peut-être pas la meilleure idée. Les seconds rôles sont plus convaincants : Eva Green, Jeremy Irons ou Liam Neeson. Malgré tout ce film se regarde avec un certain plaisir notamment pour ses batailles haletantes et merveilleusement orchestrées. Pas le meilleur de Ridley Scott (Alien, Blade Runner) mais pas le plus mauvais non plus.

dimanche 7 mars 2010

Hier soir, j'ai vu ... Les femmes de l'ombre

Episode méconnu de la seconde guerre mondiale, la résistance par les femmes est le sujet du film de Jean-Paul Salomé (Restons groupés). Les femmes de l'ombre sont interprétées par un quatuor d'actrices célèbres : Sophie Marceau, Julie Depardieu (Le bal des actrices), Marie Gillain (L'appât) et Deborah François (Le premier jour du reste de ta vie). Autant dire que le charme est présent tout le temps et il est intéressant de voir, à la différence des films de guerre habituels squattés par les hommes, que ces femmes, malgré leur engagement, restent des femmes avec leurs problèmes et leur conscience (l'amour sacrifié de Marie Gillain, la foi de Deborah François, la maternité de Sophie Marceau). L'histoire raconte comment 4 femmes sont appelées par le responsable d'un contingent de l'armée française basé à Londres pour sauver un espion capturé par les nazis retenu dans un hôpital qu'elles devront infiltrer. Ce film ne nous épargne pas les scènes de torture et de violence montrant ainsi que la guerre des femmes était la même que celle des hommes. Et en cela, le film de Salomé mérite l'attention. Malheureusement, Les femmes de l'ombre manque d'une certaine émotion qui limite l'attachement aux personnages : le jeu de Sophie Marceau interprétant un personnage froid et profondément blessé prête moins à la compasssion que les autres mais à cette époque, ne valait-il mieux ne pas montrer ses faiblesses pour sauver sa peau ? Coté second rôle, mention spéciale au lieutenant nazi interprété par Moritz Bleibtreu apperçu notamment dans L'expérience (Oliver Hirschbiegel).

mercredi 3 mars 2010

Hier soir, j'ai vu ... Destination finale 2 (Final destination 2)

Vous connaissez sans doute le principe de la quadrilogie Destination finale : une victime potentielle a une vision où elle se voit, elle et ses copains, mourir dans un accident très ... grand spectacle. Mais en voulant échapper à leur destin, les jeunes gens ont défié la loi de la nature. La Mort ne va donc pas s'arrêter là mais au contraire va les traquer sans cesse jusqu'au dernier. Fort de son succès en salles, les producteurs de Destination finale ont développé 4 films. Le 1er voyait une classe entière périr dans un accident d'avion à l'exception de quelques-uns. Dans ce numéro 2, c'est à un carambolage spectaculaire que la jeune héroïne et ses 3 copains échappent. Ce qu'il y a de (presque) culpabilisant, c'est qu'en se mettant devant ce film, on sait que l'on ne va pas trouver un chef d'oeuvre mais le plaisir de voir comment la Mort va mettre en place ses pièges redoutables est plus fort. C'est effectivement à voir au second degré et je ne pense pas que les épisodes suivants amènent quelque chose de nouveau à la saga à moins que finalement, tout cela ne soit pas lié au hasard surnaturel mais à un vengeur dérangé ... Ouh la la, ça donnerait presque envie de voir la suite ... avec pizza et bière obligatoires !

vendredi 26 février 2010

Hier soir, j'ai vu ... Shutter island

Exercice périlleux qu'est celui de parler du dernier film de Martin Scorcese sans en dévoiler l'intrigue. Le pitch en quelques mots : le Marshal Teddy Daniels (Leonardo DiCaprio) est envoyé sur une île - hôpital psychiatrique pour fous dangereux - pour enquêter sur la disparition d'une femme. Le plus mystérieux est que, selon le docteur en chef (Ben Kingsley), elle s'est littéralement envolée alors que sa chambre était fermée et surveillée. Malgré les explications de l'équipe soignante, Daniels va commencer par mettre en doute leurs dires jusqu'à les accuser des pires atrocités. La qualité de ce film est avant tout de mettre en place un climat d'angoisse dès les premières images, dès les premières notes de musique qui font immédiatement penser à celles des Nerfs à vifs du même Scorcese. On est immédiatement dans le bain. Les personnages plus énigmatiques les uns que les autres vont donner du fil à retordre au Marshal magnifiquement interprété par un Leonardo DiCaprio au top de son art : si sa collaboration avec Scorcese doit porter ses fruits, elle atteint là une maturité et une force d'expérience à couper le souffle. Ce rôle, pas vraiment simple, est un vrai engagement pour un acteur qui malmène de plus en plus son image de gendre idéale acquise avec Titanic. Les seconds rôles que son Ben Kingsley (Gandhi), Mark Ruffalo (Zodiac) ou Max Von Sydow (L'exorciste) sont excellents et participent, à leur façon, au malaise ambiant qui transpire durant les 2h15 que dure le film. En effet, certaines images sont insoutenables mais l'esthétique et le contexte en font des tableaux, certes sombres, mais se rapprochant le plus souvent de nos cauchemars les plus noirs. Coté intrigue, le film est tiré du roman à succès de l'écrivain Dennis Lehane (Mystic River) : sans être tout à fait original (on a vite fait de faire des pronostiques qui s'avèrent être les bons), Shutter island a le mérite de confirmer le talent de Martin Scorcese pour le film de genre, le thriller paranoïaque, lui qui nous a habitué, avec succès, aux meilleurs films de mafia (Les Affranchis, Casino). Un film qui fait parler, qui pose question et qui dérange : on en ressort pas tout à fait reposé !

La bande-annonce :

jeudi 25 février 2010

Hier soir, j'ai vu ... Le passager

A la manière d'un Ozon, Le passager d'Eric Caravaca - qui tient aussi le premier rôle - est un petit bijou intimiste et froid. Le genre de film qui offre la sensation d'être le témoin privilégié d'une histoire particulière, voire secrète. Thomas (Eric Caravaca) retourne sur le lieu de son enfance, chercher le corps de son frère qui vient de se donner la mort. A la fois hanté par ses quelques souvenirs et accueilli par les personnages bien vivants qui faisaient partis de la vie de son frère, Thomas va essayer de comprendre pourquoi son aîné a mis fin à ses jours. Sans trop dévoiler de ce film où le passé joue un rôle important dans l'histoire, il est intéressant d'essayer de comprendre, petit à petit, quel est ce souvenir que Thomas tente de se rappeler. Il semble que ce (seul) souvenir soit, pour lui, ce qui l'oppose le plus à son frère mort; la rancœur étant bien palpable. Les acteurs sont magnifiques. A commencer par Caravaca qui joue, tout en retenue, un homme qui cherche des réponses, qui cherche à comprendre à travers l'ancienne amante de son frère (Julie Depardieu) et surtout à travers ce jeune ado, blessé par cet homme qu'il admirait tant, parti un jour sans laisser de trace. Vincent Rottiers est étincelant et il ne serait pas surprenant que ce jeune espoir décroche cette année le César si convoité pour son rôle dans Je suis heureux que ma mère soit vivante.

mercredi 10 février 2010

Hier soir, j'ai vu ... Mes amis, mes amours

Parce qu'il a été un roman à succès du prolifique Marc Lévy, Mes amis, mes amours est adapté au cinéma par sa soeur Lorraine Levy. Mais un bon bouquin(en tout cas, un bouquin qui marche car reste à prouver que le bouquin est bon) ne fait pas forcément un bon film. La preuve avec cette histoire incroyable, dans le sens 'pas réaliste'. Deux vieux copains, tous les deux divorcés et ayant chacun la garde de leur enfant respectif, décident, pour vaincre la solitude, de s'installer ensemble dans un quartier français de Londres. Les histoires d'amour de l'un commençant à déranger la tranquilité de l'autre, les quiproquos et les engueulades ne vont pas tarder. Vincent Lindon parait curieusement à coté de la plaque dans ce film à l'eau de rose. Pascal Elbé tire un peu mieux son épingle du jeu en dandy français, maniaque de l'éponge. Mais tout cela reste gros, pas drôle et ce n'est pas la présence de Florence Foresti qui arrange les choses. Virginie Ledoyen est la plus subtile et reste le personnage qui fait passer le plus d'émotion : les autres se contentant d'être là, en attendant le cachet ?

lundi 8 février 2010

Hier soir, j'ai vu ... Mauvaise foi

Tout va bien dans ce jeune couple jusqu'au jour où Clara (Cécile de France) tombe enceinte. Confrontés aux préjugés de leurs parents juifs et musulmans, Clara et Ismaël (Roschdy Zem, aussi réalisateur de ce film) vont devoir surmonter les clivages religieux et communautaires. Mais en se heurtant à leur propre éducation et leur propre culture, ils vont se rendent soudain compte que leur couple est remis en question. Ce film qui traite de l'ouverture sur la différence mais aussi sur la découverte de ses racines au moment où l'âge adulte et les responsabilités nous tombent dessus, brille surtout par ses interprètes Cécile de France et Roschdy Zem qui réalise là son premier long métrage. Ce film reste avant tout une comédie qui se termine bien, bien que la fin, justement, soit un peu baclée.

lundi 1 février 2010

Hier soir, j'ai vu ... Polly et moi (Along came Polly)

Le Moi de Mon beau-père et moi et de Mes parents, mon beau-père et moi revient avec une nouvelle comédie. Il s'agit de Ben Stiller accompagnée ici de Jennifer Aniston dans le rôle titre. On connait tous le genre d'humour des films de Stiller : après, on aime ou pas. Ce film qui raconte l'improbable histoire d'amour entre un homme bien rangé, sans aucune originalité venant de se faire plaquer pendant sa nuit de noce et une bab' anti-mariage, emprunte tous les codes du style Stiller (Mary à tout prix) : désillusions des premières rencontres, intrusion des parents, humiliations rectales et mauvais traitements des animaux ! J'avoue qu'on rit beaucoup dans ce film à condition d'avoir une bonne dose de recul et de second degré face à cet humour pipi-caca peu enclin à crédibiliser un début d'histoire d'amour. Les comédies avec Jennifer Aniston (Bruce tout-puissant, La rupture) sont très inégales et celle-ci serait plutôt sur le haut du paquet. Mais ici, la vraie vedette c'est Ben Stiller où tout ici est sa (dé)mesure. Des seconds rôles réussis viennent compléter le casting : Philip Seymour Hoffman (Truman Capote) en star d'un jour alcoolique ou Hank Azaria (Heat, Les Simpson) en prof de plongée italien. De la pure comédie américaine à la gloire de son comédien principal.

jeudi 28 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... Là-haut (Up)

Que peut-on attendre aujourd'hui d'un nouveau Disney ? Après avoir vu tant de succès, de beaux films toujours à la pointe de la technique, un Disney peut-il encore faire rêver ? Là-haut est la preuve que l'imagination n'a pas de limite. Passons, pour une fois, sur la technologie des studios Pixar (le film a été réalisé pour la 3D) pour s'intéresser à l'histoire, magnifique selon moi. Un vieux bonhomme, coupé de tous et du monde depuis qu'il est veuf, va réaliser le rêve d'un amour perdu, puisqu'il n'a plus rien à perdre : ça, c'est pour le coté émotion. Malencontreusement, un jeune scout embarque à destination du rêve que le vieil homme croyait bien accomplir seul. Tous les deux vont former un duo improbable; la naïveté de l'un redonnant le courage de vivre à l'autre. L'émotion est partout et la finesse des propos rend ce film incroyablement vrai, où une certaine prise de conscience du temps qui passe nous saute au visage. La force de ce film tout public est bien de proposer différents niveaux de compréhension, les petits voyant surtout l'aventure; et les grands, l'espoir de voir ce vieux bonhomme accomplir la dernière chose de sa vie. Un succès largement mérité.

Extrait :

mardi 26 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... Largo Winch

Largo Winch : le nouveau James Bond à la française ? A la française, on est d'accord mais pour James Bond, il faudra repasser. Célèbre BD créée par Jean Van Hamme, ce film inspiré des premiers tomes est très décevant. Je possède moi-même les BDs et ne retrouve, dans le film, ni l'esprit, ni le suspense qui rendent la BD si haletante. L'histoire de Largo Winch est la suivante : à la mort de son père Nerio, Largo est appelé pour lui succéder à la tête du Groupe W, sorte de conglomérats de multinationales. Son père est la 5ème fortune du monde et forcément, la place vacante va attirer tous les requins avides de pouvoir et d'argent. Mais c'est sans compter sur tous les préparatifs de Nerio Winch pour anticiper sa propre disparition. L'histoire de base est donc la même que l'originale. Mais malheureusement, elle est mal racontée. Est-ce dû au choix des acteurs ? Tomer Sisley n'est pas convaincant et ne possède aucun point commun avec l'athlète blond et intelligent de la BD. De plus, son manque de charisme finit d'achever le point central de ce film : à savoir, son héros, le titre du film. A coté de cela, les autres personnages plus caricaturaux les uns que les autres n'offrent aucune crédibilité à l'histoire dont le suspense finit toujours pas retomber comme un soufflé. La suite arrive en 2010 mais franchement, que peut-on attendre de plus : qu'ils remplacent Tomer Sisley par Daniel Craig ?

lundi 25 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... Comment épouser un millionnaire (How to marry a millionaire)

Évidemment, le scénario de Comment épouser un millionnaire transposé à notre époque n'aurait pas grand intérêt. Dans ce film de 1953, l'intérêt est ailleurs : Lauren Bacall, Marylin Monroe, tout une époque ! Début des années 50, Monroe et Bacall sont des stars. Réunies dans ce film aux cotés de Betty Grable, elles incarnent 3 mannequins qui vont monter un stratagème pour tenter de séduire puis épouser chacune un millionnaire. Dans le genre comédie romantique c'est plutôt réussi mais ce film manque cruellement de pep's. Reste la curiosité de voir Marylin Monroe dans un rôle comique : beau mannequin, elle n'en porte pas moins de grosses lunettes (elle est complètement myope) dont elle a honte : et séduire en n'y voyant rien, peut amener à des situations cocasses. Enfin, le véritable évènement lié à ce film est la technologie utilisée : c'est la seconde fois (et la 1ère pour une film aussi populaire) qu'un film est réalisé en CinémaScope. D'ailleurs, on le voit très bien sur l'affiche du film. Et c'est sans doute pour cela que le réalisateur Jean Negulesco nous inflige une générique de plus de 5 minutes où l'on voit un orchestre joué : c'est large, c'est sûr, mais ca n'a aucun rapport avec le film !

Hier soir, j'ai vu ... Sa majesté des mouches (Lord of the flies)

Un avion qui s'écrase sur une île perdue, les survivants qui tentent de s'organiser, la peur des monstres rôdeurs, l'affrontement entre deux clans : on se croirait dans Lost. Sauf que là il s'agit de l'adaptation ciné d'un roman écrit en 1954 par William Golding, Sa majesté des mouches et que c'est bien cette histoire qui a largement inspiré la série à succès de J.J. Abrams. La différence est que l'avion de cette histoire ne transportait que des enfants et ce sont ces mêmes enfants qui vont s'organiser pour survivre sur cette île peu accueillante. Le fait d'utiliser uniquement des enfants est une excellente idée. Pris au piège d'un lieu hostile où les secours ne viennent pas, ils vont être obligés de décider sans adulte pour les guider. Leur instinct primitif et cruel revenant au galop tandis que leurs peurs les plus profondes (la nuit, le noir) sont extrêmes. La symbolique est longuement présente dans ce film où le bien et la mal sont les piliers; la loi du plus fort s'imposant petit à petit menant les plus faibles à l'oppression voire à l'errance. Ce film est très fort et analyse toute la cruauté de l'homme et de la civilisation (Battle Royale, dans un autre genre, est librement inspiré de ce roman). A noter qu'en hébreu, Belzébuth signifie "Seigneur des mouches". Tout un programme ...

lundi 18 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... Déjà vu

Un acte terroriste dans la ville dévastée par Katrina ou tout ce qui hante l'Amérique en ce début de siècle condensé dans un long-métrage. Tel est le sujet de ce film de Tony Scott, habitué des films d'action esthétiques, dont le titre Déjà vu s'utilise aussi bien dans notre langue que dans celle de Shakespeare. Un flic (interprété par l'impeccable Denzel Washington) enquête sur l'explosion d'un ferry qui a tué des centaines de Marines et leur famille. Avançant avec efficacité sur cette enquête où même le FBI piétine, des 'outils' à la pointe de la technologie vont être mis à sa disposition pour trouver le coupable. Sans trop dévoiler toutes les surprises de ce film, il faut avouer que le style retour vers le futur peut faire peur au premier abord. Tony Scott réussit tout de même à nous faire avaler la pilule et à rendre son film agréable et assez crédible. Les questions sur : puis-je agir sur le futur ? ai-je en charge mon destin ? sont forcément des questions que l'on a tous envie de se poser et le fantasme du pouvoir suprême sur notre avenir (ou notre passé) est tout le sujet du film. Évidemment, c'est très gros; les explications scientifiques sont à dormir debout mais j'avoue être tombé dans le panneau. Un bon film d'action à la limite de la science-fiction, idéal pour un dimanche soir pantouflard.

jeudi 14 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... Invictus

Invictus est le nouveau film de Clint Eastwood. Et quel film ! Débutant en février 1990, autrement dit à la sortie de prison de Nelson Mandela, Invictus raconte comment le nouveau président de l'Afrique du Sud s'est servi de l'équipe nationale de rugby jusque-là soutenue par les blancs (les Afrikaners) pour unifier les habitants d'un pays coupé en deux par 40 ans d'Apartheid. La Coupe du Monde tombe à point nommé en 1995. Malheureusement, les Springboks sont blancs (à une exception près) et surtout ils sont mauvais. Et pour atteindre cet objectif politique et humain que Mandela s'est fixé, ce dernier va insuffler à travers le capitaine de l'équipe François Pienaar (interprété par l'auto-bronzé Matt Damon) une motivation et un devoir qui mèneront les Bokke à la gloire. Evidemment, le sujet est beau. Il l'est d'autant plus, qu'il est véritable. Mais on ne peut pas reprocher à Clint Eastwood de savoir le raconter. Le choix des acteurs tout d'abord : Morgan Freeman trouve là le rôle de sa vie (rôle qu'il s'est d'ailleurs payé : il est producteur du film). Il a cette élégance et cette décontraction doublée d'une poigne de fer qui font les atouts si singuliers de ce personnage historique qu'est Mandela. Il est au centre du film, il en est le sujet principal. Et l'on imagine tous les films dans le film qui à eux seuls pourraient valoir plusieurs longs métrages : la vie en prison (voir Goodbye Bafana), la séparation avec sa famille, son travail acharné à travers le monde pour "offrir" son pays à l'investissement. Tout cela est extrêmenent intéressant et la naissance de cette nation trouve symboliquement son départ dans le sport. Mandela a compris avant tout le monde qu'un simple jeu pouvait changer la face de son pays. Mal compris au début par son entourage, il réussit pourtant le pari impossible. Et c'est en cela que l'histoire est belle. Bien-sûr le film est bourré de bons sentiments mais ils sont clairement assumés et de notre coté, on a envie de croire et de voir que les blancs d'Afrique du Sud ont su, à travers ces évènements, comprendre ce que vivaient leurs frères noirs des bidonvilles : la scène de la découverte d'un township par les joueurs est saisissante. D'ailleurs l'émotion est partout : même lors de la finale, dont on connait l'issue, on se surprend à se ronger les ongles; l'envie de voir les Springboks l'emporter étant plus forte que nos certitudes. Comme le hasard fait bien les choses, l'Afrique du Sud reçoit cette année la Coupe du Monde de football (le sport favori des noirs). A l'heure qu'il est, qui sait ce que Nelson Mandela, bien qu'il ne soit plus président depuis 1999, est en train de préparer pour continuer d'écrire l'histoire de la nation arc-en-ciel ...

>> Voir le mini-reportage sur Invictus

mardi 12 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... 40 ans, toujours puceau (The 40 year old virgin)

Voici l'American Pie des quadra. Ou plutôt une comédie sur les quadra pour les fans d'American Pie. Car comme vous pouvez vous en douter, ça ne vole pas haut dans 40 ans, toujours puceau. Andy, 40 ans donc, a un travail pépère dans un magasin de télé. Un soir, ses collègues découvrent qu'il n'a jamais eu de relations sexuelles et se mettent en tête de lui faire oublier coûte que coûte, de conseils tordus et sorties arrosées, 20 ans d'abstinence. Tout d'abord, les dialogues sont crus : c'est plutôt vulgaire et réellement bien assumés. Ensuite, les gags sont bien en-dessous de la ceinture mais comme on est dans une comédie américano-américaine, ils ne dévoilent jamais ce que la pudibonderie made in US rejette. D'ailleurs, ce film exprime toute cette ambiguïté bien connue chez nos cousins d'Amérique, à savoir l'extrême vulgarité avec laquelle ils peuvent traiter un sujet comme le sexe chez les hommes et les femmes tout en gardant en même temps cet esprit puritanisme. Autant le début du film prône le sexe à tout va, avec n'importe qui et n'importe comment du moment qu'il y a un string à claquer; autant la seconde partie fait l'apologie de l'abstinence comme si Judd Apatow (réalisateur) s'excusait de tout un pan de son film. Et cela est énervant même si certains gags font rire, il faut bien l'avouer mais tout cela n'a aucun intérêt. A noter que l'acteur principal Steve Carell est un comique très célèbre dans son pays et que ce film est inspiré de l'un de ses sketchs.

lundi 11 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... Les trois jours du Condor (The three days of the Condor)

Sydney Pollack au top de sa forme ! Ce polar tourné à New-York juste après les évènement du Watergate met le doigt sur les dysfonctionnements de la CIA. Institution jusque-là respectée, elle est, à cette époque, décriée pour ses méthodes discutables dans le simple but de favoriser la prise du pouvoir des Etats-Unis sur le monde. Robert Redford y incarne le Condor, nom de code de cet agent 'planqué' de la CIA dont le travail consiste à lire tous les bouquins qui sortent dans le monde à la recherche de renseignements qui pourraient intéresser l'agence. Un jour, tous ses collègues sont assassinés alors qu'il est sorti un instant chercher le déjeuner. Livré à lui-même et ne pouvant faire confiance à personne, il va se battre pendant 3 jours pour faire tomber le masque de ce qui se trouve être un gigantesque complot. Le film est haletant et le suspense au rendez-vous. Pollack n'est jamais aussi bon que lorsqu'il s'attaque aux grandes institutions (l'entreprise dans La firme, l'ONU dans L'interprète). Et les grands acteurs de l'époque sont très efficaces : Redford, Faye Dunaway. Les trois jours du Condor est une belle réussite : on ne s'y ennuie jamais ce qui n'est pas le cas de beaucoup de films poltiques de l'époque.

dimanche 10 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... Bright Star

Le nouveau film de Jane Campion, réalisatrice récompensée de La leçon de piano (palme d'or en 1993), raconte l'histoire d'amour entre une jeune anglaise de 18 ans et le poète John Keats en 1818. Tout d'abord insensible à sa poésie, Fanny (joliment interprétée par une actrice inconnue Abbie Cornish) va se rapprocher de l'artiste alors que celui-ci est en train de perdre son frère. Réunis autour des poèmes romantiques de Keats pour des leçons d'apprentissage, Fanny et John vont se découvrir et vivre un histoire d'amour passionnelle et subtile. Les points forts du film, tout d'abord, sont sa réalisation : c'est très beau à regarder, surtout les plans extérieurs où les couleurs de la nature ressortent avec un réelle intensité sans doute pour exprimer les sentiments des deux personnages. Ensuite, il faut avouer que cela fait du bien de voir un film où le rôle principal féminin n'est pas un simple faire-valoir subissant les lois d'une éducation trop stricte. Dans ce film, Fanny est respectée; ses sentiments le sont aussi, sa mère est compréhensive. Ce qui a pour effet de rendre l'idylle plus sérieuse. Mais il y a des points faibles : l'émotion qui devrait transpirer de ce romantisme bucolique est complétement absente. On reste à coté de ce film qui, durant ses 2h, nous offre que peu de clés pour comprendre comment naît l'histoire et comment elle subsiste aux obstacles. C'est d'un réel ennui. La beauté des images, la célébrité de sa réalisatrice et une présentation à Cannes ne suffisent pas à rendre ce film aussi incontournable que l'on peut le lire, assez unanimement, dans la presse. Jane Campion aime ses personnages mais, malheureusement, elle ne réussit pas à nous faire partager cet attachement.

vendredi 8 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... Dr Folamour (Dr. Strangelove or : How I learned to stop worrying and love the bomb)

23 ans avant le très réaliste Full Metal Jacket (1987) où il livrait un pur film de guerre, Stanley Kubrick dénonçait déjà les ravages des institutions militaires et politiques des Etats-Unis. Dr Folamour dont le titre original "Comment j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer la bombe" atteste immédiatement du burlesque du film. En effet, Kubrick tourne en dérision tous les acteurs de la guerre froide (qu'ils appellent la guerre chaude dans le film) : du président des Etats-Unis à celui de la Russie en passant par un général paranoïaque ou le conseillé scientifique (Dr Folamour), ancien nazi dont le bras droit a bien du mal à rester tranquille. Ce 7ème film de Kubrick raconte comment un général américain prend la décision hative d'envoyer ses B-52 détruire la Russie. Convaincu de sa décision, rien ni personne ne pourra le faire changer d'avis et ceci allant même jusqu'à déclencher une guerre sur le propre sol des Etats-Unis. Dr Folamour est truffé de scènes mythiques comme ce soldat qui vient de faire de nombreuses victimes et qui hésite à tirer sur un distributeur de Coca-Cola. Le film dénonce les dangers des bombes H, l'imcompétence des militaires, les lois contradictoires des politiciens et tout ceci est abordé avec humour et dérision ... comme s'il ne restait plus que le rire face aux absurdités de ceux qui nous gouvernent et de ceux qui nous défendent. Enfin, les acteurs sont géniaux : à noter, la prestation de Peter Sellers (habitué des comédies loufoques) qui joue 3 rôles. Pour l'anecdote : initialement, le film devait sortir le 22 novembre 1963, jour de l'assassinat du président John F. Kennedy. Il fût repoussé à l'année suivante.

mardi 5 janvier 2010

Hier soir, j'ai vu ... Sweeney Todd (Sweeney Todd - The demon barber of Fleet Street)

Dans le Londres victorien, un barbier revenu du bagne après 15 ans d'emprisonnement, va célébrer sa vengeance envers ceux qui l'ont séparé de sa femme et de sa fille. En recevant l'aide d'un experte en tourte aux cafards (la viande étant trop rare et trop chère), il va mettre sur pied un plan diabolique pour que justice soit faite. Qui de mieux que Tim Burton pour raconter cette histoire sombre dans un Londres sale et moche ? Qui de mieux encore pour incarner ce diabolique barbier que Johnny Depp, acteur qui n'est jamais aussi bon que lorsqu'il tourne avec Burton ? Esthétiquement, le film est magnifique : ce Londres embrumé et âpre offre à Burton l'occasion de mettre au service de l'intrigue les délires graphiques dont il a le secret. Quant aux acteurs, Johnny Depp mis à part (qui est forcément génial), les seconds rôles sont tout aussi réussis : à commencer par l'excellent Sacha Baron Cohen (Borat) qu'il est surprenant de retrouver dans un tel film. Alan Rickman (Piège de cristal, Harry Potter), formé sur les scènes de théatre anglaises, est très convaincant. Enfin, on a du mal à imaginer quelle actrice pourrait bien remplacer Mme Burton alias Helena Bonham Carter dans les films de son mari tant elle a le look de l'emploi. Visuellement donc c'est parfait. Reste l'histoire qui présente tout de même quelques longueurs. La plupart des dialogues sont chantés (à voir en VO). Il faut bien avouer qu'à certains moments, ca énerve. Mais le film est d'une telle maitrise que ça force le respect. Un Burton un petit peu en dessous de la moyenne mais un très bon moment quand même.

lundi 28 décembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... J'ai toujours rêvé d'être un gangster

L'affiche est belle, épurée, mystérieuse. Elle laisse entrevoir un film à mi-chemin entre la pureté et la violence. Peut-être l'histoire d'un enfant devenu gangster. Il n'en est rien. Ce petit film français (petit par le budget) de Samuel Benchetrit (Janis et John) surtout connu pour avoir été l'un des compagnons de Marie Trintignant est surtout très ennuyeux. S'inspirant de certains films de Tarantino dans le découpage de son film (5 chapitres au menu), il n'arrive pas à y insuffler ce coté noir et âpre mêlé de second degré qui font le succès du réalisateur américain. On est tout de même plus dans la comédie que dans le film de gangsters qui n'a de gangster que le titre. En effet, pour résumer, ce film dépeint la vie de personnages qui n'ont plus que le vol ou le crime pour s'en sortir : et cela, s'en être de véritables gangsters. L'épisode avec Bouli Lanners en kidnappeur au grand coeur est le plus réussi et le plus drôle. Anna Mouglalis et Edouard Baer s'en sortent bien aussi. Par contre, les épisodes avec Jean Rochefort et celui avec Bashung et Arno surtout sont très difficile à affronter tellement ils m'ont semblé vides, lents, endormants. D'ailleurs je n'ai pas réellement compris l'intérêt de l'histoire entre les deux chanteurs : faut-il comprendre qu'il y ait un gangster parmi eux ? lequel alors ? celui qui jadis a volé une chanson à l'autre ? ou l'autre qui vole les nouvelles créations du premier ? Bref. C'est lourd, sans intérêt et au final, très décevant.

mercredi 23 décembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... L'échange (Changeling)

Magnifique film de Clint Eastwood, L'échange raconte le combat d'une femme pour retrouver son fils disparu. Après une louche enquête de police, un garçon que les forces de l'ordre prétendent être le fils disparu va être remis à la mère qui niera toujours que ce dernier est son enfant ... au risque d'être prise pour une folle. Inspiré de véritables faits, cette histoire serait restée un simple fait divers si Mister Eastwood n'était passé par là. Il confirme une fois de plus son art de raconter des histoires où le suspense monte en puissance dans la plus digne lignée des maîtres du genre. Il sait nous montrer sans exagération ni irréalisme le combat perdu d'avance et le piège dans lequel s'enfonce son personnage principal (convaincante Angelina Jolie) seule face au pouvoir en place bien décidé à redorer son image chancelante. L'injustice criante nous prend aux trippes et on ne voit pas d'issue de secours à ce cauchemar. C'est aussi l'occasion, dans ce film, d'aborder la condition féminine dans les années 20 alors que toutes les institutions sont régies par l'homme. Si vous n'avez pas vu L'échange, sorti juste avant Gran Torino et avant d'aller découvrir Invictus le 13 janvier, je vous conseille fortement ce pur moment de cinéma où selon moi, tout est réunis pour vous faire vibrer !

jeudi 17 décembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Une femme sous influence (A woman under the influence)

Mon premier film de John Cassavetes ! La réputation de ce metteur en scène m'était depuis longtemps connue. Grâce à Arte, mon attente de voir un jour un de ses films a pris fin. Mais malheureusement, c'est une découverte en demi-teinte. Une femme sous influence réunit Peter Falk (Columbo) et Gena Rowlands (femme de Cassavetes) dans un drame dont le sujet était sans doute tabou à l'époque (années 70); en tout cas peu expoité au cinéma. C'est donc avec un certain recul qu'il faut voir ce film sans quoi on risque de s'y ennuyer voire s'endormir (je l'ai vu en deux soirs...). Il raconte la vie d'un couple dont le femme Marie-Belle, mère très aimante, est une peu folle. Son mari l'aime comme elle est et tente de sauver les apparences. Tout pourrait bien se passer s'il n'y avait pas la famille, les amis qui on leur point de vue sur cette situation qui, pour certains, est inacceptable; Marie-Belle ne méritant que l'asile. Cassavetes filme une histoire d'amour. Mais les scènes de vie quotidienne, les repas avec les amis, les dialogues sont longs, semblent inutiles pour faire avancer l'histoire et finissent parfois par énerver tant on a du mal à entrer dans le film. Par contre, il est surprenant de se rendre compte, qu'à la fin du film, combien on s'est attaché aux personnages et à l'actrice principalement que Gena Rowlands interprète magnifiquement. En somme, je peux parier que ce film ne vous plaira pas mais la renommée de son réalisateur ne peut pas être jugée par un seul de ses films. L'avenir et d'autres films m'ouvriront peut-être les yeux... A suivre.

lundi 14 décembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... My name is Joe

A Glasgow, Joe, 37 ans, au chômage et ex-alcoolique est en pleine reconstruction. Entraineur d'une petite équipe de foot, il ne vit que pour les matchs dominicaux. Cette équipe réunit les jeunes des quartiers défavorisés lesquels sont soutenus infailliblement par leur ami et père de subsitution Joe (magnifiquement interprété par Peter Mullan, prix d'interprétation masculine à Cannes en 1998). Parmi eux, le jeune Liam - jeune père de famille dont la copine est droguée et prostituée - va se retrouver mêlé aux trafiquants à qui il doit une lourde dette. Et Joe va de fait, s'en mêler aussi. Raconté comme cela, ce film de Ken Loach est un vrai mélodrame. Mais si vous connaissez un peu les films du célèbre cinéaste social, vous saurez aussi que ce film ne peut pas seulement raconter le coté sombre de la vie des rejetés de la société britannique. Ken Loach distille de l'espoir, par petites touches : le football est une première touche (voir aussi Looking for Eric), l'humour en est une autre, l'amour enfin complète le tableau. L'histoire naissante entre Joe et une assistance sociale est semée d'embuches : l'espoir est donc permis mais les vrais problèmes sont malgré tout présents : comment sortir au restaurant avec celle que l'on aime quand on n'a pas un rond. Il faut aussi voir ce film comme une critique voire une revendication contre le système Tatcher des années 80 qui a mis au banc de nombreuses personnes. Loach leur rend hommage et démontre toute l'humanité et la solidarité qui subsiste dans l'Angleterre de ceux qui n'ont rien. Vous l'aurez compris : ce film humaniste est beau, sensible, parfois violent mais toujours juste et d'une réalité qui fait forcément réfléchir. N'est-ce pas d'ailleurs l'objectif d'un film de Ken Loach ?

samedi 12 décembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Intolérable cruauté (Intolerable cruelty)

Jusqu'à Burn after reading en 2008, j'avais aimé tous les films des frères Coen dont un nouveau film est toujours une pépite à découvrir (mes préférés : Le grand saut, Barton Fink, Fargo, No country for old men). Malheureusement, la déception fut grande avec Burn... . Intolérable cruauté vient compléter cette courte liste des films ratés des Coen, selon moi. L'histoire : un avocat spécialiste des divorces (George Clooney) s'ennuie dans son métier. Tout va changer lorsqu'il va rencontrer la femme de l'un de ses clients qui se trouve être encore plus manipulatrice que lui. Après l'avoir déplumée de tous ses droits, l'avocat savoure sa victoire. Mais c'est sans compter l'esprit de revanche qui anime cette femme (Catherine Zeta-Jones) dont les plans vont dépasser tout ce que Clooney aurait pu imaginer. Attention : ce film est une comédie, un peu lourde, où Clooney en fait des tonnes. Zeta-Jones est plus subtile mais le scénario trop plat dessert les acteurs qui font du mieux qu'ils peuvent. Mais où est passé l'esprit satirique des frères Coen ? Où est ce petit quelques chose de choquant qui fait de leur cinéma, un des plus indépendants des 20 dernières années ? On rigole peu dans cette comédie potache, les rebondissements sont téléphonés et finalement on s'ennuie ferme. Un coup d'épée dans l'eau...

jeudi 10 décembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... 99 francs

99 Francs est avant tout un best-seller, écrit par Frédéric Beigbeder et sans doute inspiré de sa propre expérience. Je n'ai pas lu le livre. Cependant, après que l'on m'ait souvent vanté cette expérience cinématographique, cousine éloignée de Las Vegas Parano, c'est avec un réel plaisir que j'ai pu enfin découvrir le film de Jan Kounen (Dobermann). En gros, le film raconte les dérives de notre société de consommation dans ce qu'elle peut avoir de plus cynique et de plus déshumanisant : la publicité et ceux qui la font. Jean Dujardin y incarne un talenteux publicitaire plutôt égocentrique, la renommée l'ayant rendu accro à la coke. Le film commence par le début ... de la fin. La prise de conscience tardive de la démesure de sa vie, une belle histoire d'amour trop vite gachée, vont mener Octave Parango (Dujardin) vers la libération de son esprit pris au piège de ce qui a fait sa gloire. On se marre beaucoup dans 99 francs (Dujardin et Quivrin y sont très drôles). La mise en scène est très aérée, les états d'âmes de nos drogués du boulot (au sens propre comme au figuré) passant facilement à l'animation un peu comme dans le précédent film de Kounen : Blueberry. C'est un peu en cela qu'il ressemble au film de Gilliam (Las Vegas Parano) notamment en montrant comment la drogue modifie la perception du monde et mène à la destruction. Si Beigbeder a vu et vécu tout ca, et bien on se demande comment il en est sorti.

mardi 8 décembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Millénium, le film (Män som hatar kvinnor)

Je ne pouvais pas passer à coté du film tiré d'un des plus célèbres romans de ces dernières années. Donc ca y est : je l'ai enfin vu ! Et je suis plutôt agréablement surpris. En général, ce type de film est souvent décevant comparé au roman, à quelques exceptions près (Harry Potter, Shining). Dans ce cas, le 1er tome des aventures de Mikael Blomkvist et de Lisbeth Salander écrit par Stieg Larsson est un très bon polar dont l'histoire est somme toute classique : le succès étant certainement dû au travail sur les personnages. Le roman (comme le film) raconte l'enquête d'un célèbre journaliste suédois pour retrouver le meurtrier d'une jeune femme morte 40 ans plus tôt. Aidé d'une pro de l'informatique, il va découvrir les secrets sombres d'une riche famille. Le film dure plus de 2h30 mais quand on a lu le roman, le temps passe vite : la curiosité de voir chaque passage mis en scène l'emportant sur le rythme de l'histoire. Le réalisateur a fait les bons choix de coupes ne laissant que l'essence même de ce qui rend cette histoire glaçante à souhait. Par exemple, la maîtresse de Mikael est inexistante, de plus, le coté coureur de jupon du héros a complètement disparu. D'un autre coté, les tendances nazies de certains personnages sont mises en avant tandis que la mise en place du personnage de Lisbeth reste insoutenable ... comme dans le roman. En conclusion, ce bon thriller ravira les connaisseurs comme les novices et ceci grâce en partie à la qualité des acteurs et notamment Noomi Rapace qui joue le rôle de Lisbeth et qui commence là une carrière qui, je pense, lui fera quitter sa Suède natale.

lundi 7 décembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Les infiltrés (The departed)

Remake du très intéressant film hongkongais Infernals Affairs sorti 4 ans plus tôt, Les infiltrés est une oeuvre magistrale. Ce film marque la 3ème collaboration entre Martin Scorcese et Leonardo DiCaprio. Coté nouveaux venus, Matt Damon et Jack Nicholson complètent l'affiche. Avec un réalisateur de cette trampe et des acteurs, sans doute les meilleurs de leur génération, on pouvait s'attendre à un grand film : mais le résultat est haut-delà de ça encore. Il raconte la lutte sans merci entre deux infiltrés - l'un de la pègre irlandaise infiltré dans la police de Boston (Matt Damon); l'autre, jeune flic infiltré des mois durant dans le clan du premier dont Jack Nicholson est le célèbre parrain. Chacun tentant coûte que coûte de découvrir le visage de l'autre. Coté suspense, Les infiltrés fait très fort et il sait mettre en valeur ses acteurs; chaque scène devenant anthologique. Martin Scorcese dont on connait largement la filmographie (Taxi driver, Les affranchis, Raging Bull) est au top de sa forme revisitant complètement l'oeuvre originale en lui apportant cette touche americano-irlandaise et ces histoires de gangsters qui lui sont propres. Oscar du meilleur film , celui du meilleur réalisateur, c'est une sorte de couronnement de carrière, de celles qui ne connaissent pas de faux-pas. Espérons que Shutter Island (qui sortira en mars 2010, avec toujours DiCaprio) sera aussi convaincant. On en salive d'avance !

La bande-annonce en VO :

Hier soir, j'ai vu ... Arthur et la vengeance de Maltazar

Au voleur ! Pas Maltazar, ni Arthur, non ! Luc Besson. Le 2nd film tiré des aventures d'Arthur et Les Minimoys écrit par Luc Besson est une gigantesque arnaque.
Le 1er numéro était une joli film où se mêlaient prises de vue réelles et animations, où les personnages étaient subtiles et le scénario bien écrit, avec un minimum de suspense. La vengeance de Maltazar n'est ni plus ni moins qu'un film de fainéant pour répondre à l'attente des fans et remplir le porte-monnaie d'Europa Corp. (société de production de Besson). Problème : les fans ne sont pas contents. Le scénario est une coquille vide : le jour est venu pour Arthur de retrouver ses amis et surtout Sélénia. Mais quand il reçoit un grain de riz-SOS, Arthur - pensant que son peuple ami est menacé - va tout faire pour retrouver l'émetteur du SOS. Malheureusement, ce film de 1h20 ne possède pas une once de suspense préférant passé du temps à suivre les parents idiots d'Arthur ou à délivrer une pub McDo entre deux messages écolo. On est loin du premier épisode et le pire c'est que les quelques minutes qu'Arthur passe avec les minimoys (les 3/4 du film se passant dans la maison des grands-parents) se terminent en noeud de boudin : car au lieu d'avoir le classique "FIN", un honteux "A suivre" s'affiche sur l'écran de cinéma nous laissant là, comme des idiots avec le sentiment d'avoir dépensé 13 euros pour s'acheter... 2 euros.

lundi 30 novembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Monsieur Klein

Paris, 1942, sous l'occupation allemande. Robert Klein (Alain Delon), amateur d'art, achète à bas prix, des oeuvres à des juifs fortunés mais en grandes difficultés. Sa vie, jusque-là à l'abris de toutes les atrocités du moment, va basculer le jour où il va recevoir mystérieusement un journal politique juif. Décidé à prouver qu'il n'est pas juif et à retrouver son homonyme, il va petit à petit sombrer dans un engrenage terrible qui va l'amener aux origines de son identité, pour sauver sa vie. Dans sa quête, il va découvrir petit à petit la persécution des juifs jusqu'à être lui-même confondu avec ceux dont il profitait jusqu'à présent. La 1ère scène du film est très forte et extrêmement cruelle pour le personnage féminin se faisant examiner tel un animal par un médecin cherchant à prouver ses origines sémites. Cela donne le ton de ce magnifique film de Joseph Losey (Le Garçon aux cheveux verts) où l'interprétation toute en naiveté d'Alain Delon est sublime. Cette quête identitaire est comme un tourbillon cruel où chaque nouvelle piste mène inexorablement Klein vers la déportation. La mise en scène est subtile et en-dehors des horreurs qui se trament comme si, comme Klein, on ne comprenait pas ce qu'il nous arrive. Magnifique donc, et terrifiant.

mardi 24 novembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Bandits, bandits (Time bandits)

6 nains, échappant à l'Etre suprême à qui ils ont volé la carte du Temps, atterrissent dans la chambre du jeune et curieux Kevin. Tous les 7, à coups de voyages dans le temps, vont visiter l'Histoire et ses légendes, passant d'une rencontre arrosée avec Napoléon à une distribution d'or aux pauvres sous les yeux de Robin des bois. Voici le pitch du 3ème film de Terry Gilliam (Brazil, L'armée des 12 singes) ex-Monthy Python à l'imagination débordante. J'avais vu ce film lorsque j'étais beaucoup plus jeune et il m'avait laissé l'impression d'un voyage étonnant et burlesque. Bien sûr, le film a vieillit mais l'humour fataliste de Gilliam (que l'on retrouvera dans Brazil) est tout simplement géni(e)al. On rêve tous de pouvoir être transporté dans le temps pour y rencontrer nos héros : c'est aussi le rêve du jeune Kevin. Mais là, dès que le rêve se réalise, les désillusions s'accumulent : Robin de Bois ne semble pas si valeureux (John Cleese génial), Napoléon est un alcoolique notoire, l'ogre est ridicule et ne fait plus peur à grand monde, seul Agamemnon (Sean Connery) s'en tire plutôt bien. En bouleversant gentillement l'histoire, Terry Gilliam fait de ce film fantastico-poétique un petit bijou rare et drôle, à la mise en scène inimitable.

lundi 23 novembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... In her shoes

In her shoes raconte la rivalité entre deux soeurs dont la mort de la mère et le remariage du père ont chamboulé leur vie. L'une (chouette Toni Colette) est brillante, avocate mais coté amour, elle est peu confiante et les occasions masculines trop rares. L'autre (waouh ! Cameron Diaz) est jolie, sexy, très (trop) confiante mais dyslexique et bonne à rien. Tout semble opposer ces soeurs qui malgré tout sont unies : chacune rêvant chez l'autre ce qu'elle n'a pas; la plus frivole n'hésitant donc pas à voler le mec de l'autre. Le film devient intéressant dès lors que la rupture - inévitable - arrive. Il est clair que l'aînée ne peut pas vivre sans cette soeur qu'elle a toujours protégée (même des plus grands et graves secrets). Mais cette rupture semble nécessaire à la contruction de la plus jeune dont le vie dissolue ne pourra la conduire qu'à la destruction. Ce film ravira les femmes qui ont une soeur : la jalousie mais aussi l'impossibilité de rompre définitivement sont des thèmes bien réels abordés dans ce film. En cela, le film possède ce coté réaliste qu'il manque souvent au films US sombrant immédiatement dans le mélo ou la comédie lourdingue. Ici, on ne pleure pas beaucoup et les non-dits transpirent. Le film reste trop long (plus de deux heures) et laisse, malgré son sujet plus qu'intéressant, une sensation de trop ou de pas assez. Ce joli film de Curtis Hanson (La main sur le berceau, L.A. Confidential, 8 miles) aurait gagné à être raccourci. Mais bon, on lui pardonne : Cameron Diaz en petite tenue tout au long du film, c'est une riche idée, non ?

mardi 17 novembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Vilaine

Vilaine rappelle d'emblée Le fabuleux destin d'Amélie Poulain. Surtout, par la voix off rappelant celle d'André Dussolier mais aussi par l'héroine ou anti-héroine pour être précis qui ne cherche qu'à contribuer au bonheur des autres quitte à se laisser quelque peu de coté. Malheureusement, Mélanie Lupin (Marilou Berry) est seule et ce bonheur affiché s'efface dès qu'elle se retrouve seule, le soir, devant son chat de rencontre virtuelle. Puis, un jour, Amélie... euh Mélanie décroche un vrai rendez-vous avec un vrai garçon. Ce film est une comédie grinçante sur une fille mal dans sa peau, un peu grosse, pas très jolie et trop longtemps naïve. Après avoir subi le mauvais tour de trop, Mélanie Lupin a décidé de devenir vilaine. Malheureusement, le film est trop caricatural et pas très drôle. A trop vouloir faire référence au film de Jeunet, Vilaine en devient la pâle copie, un peu cheap. Quant aux acteurs, ils sont peu convaincants : à commencer par Marilou Berry qui ne trouve pas là le rôle comique à sa hauteur. Elle était beaucoup mieux dans une comédie dramatique telle que Comme une image d'Agnès Jaoui. Et dire, que deux suites seraient en préparation : Super Vilaine et Super Mega Vilaine. Les histoires de Mélanie Lupin (sorte d'anagramme d'Amélie Poulain) continueront sans moi.

lundi 16 novembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... Le dahlia noir (The black dahlia)

Inspiré du célèbre roman de James Ellroy (ce dernier ayant été souvent adapté au cinéma : L.A. Confidential, Cop...), Le dahlia noir vu par Brian De Palma n'en reste pas moins bien décevant. Il raconte l'enquête menée par deux stars de la police dans le années 40 pour résoudre le meurtre crapuleux d'une jeune starlette surnommée "dahlia noir". Inspiré de faits réels, cette histoire est très connue et a été adaptée plusieurs fois, à la télévision notamment. L'histoire vue par De Palma est complexe, mal racontée, épuisante. Le pitch est pourtant simple mais malheureusement tous les effets 'à l'ancienne', les décors magnifiques, les acteurs tous plus beaux les uns que les autres (voir Hilary Swank surtout) ne sauvent pas ce film qui pourtant à de quoi donner envie. La question que l'on peut se poser outre le film lui-même est : qu'est-il arrivé à Brian De Palma depuis L'impasse en 1993 ? Considéré vers la fin des années 70 comme le digne héritier d'Alfred Hitchcock avec une touche de modernité, il entre dans la légende avec des films comme Scarface, Les incorruptibles ou Blow out. Mais qu'a-t-il fait depuis 15 ans ? Il donne l'impression de se la couler douce, surfant sur la popularité et le style qui ont fait son succès. Mais il faut bien avouer que Mission : impossible, Femme fatale ou Snake eyes ne sont pas des chefs d'oeuvre et Le Dahlia noir ne relève pas le niveau. Monsieur de Palma, il est temps de sortir de votre retraite !

La bande-annonce (Attention ! Curieusement, même après avoir vu le film, cette b-a donne envie de voir le film !) :

vendredi 13 novembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... L'interprète (The interpreter)

L'interprète est l'avant dernier film du spécialiste du thriller politique à savoir le talentueux Sydney Pollack décédé en 2008. Il raconte l'histoire d'une interprète de l'ONU (Nicole Kidman) surprenant une conversation où il est question du meurtre d'un président africain controversé lors sa visite prochaine. Surprise en pleine écoute, elle est traquée par des tueurs. Un agent des services secrets (Sean Penn) est engagé pour la protéger et faire toute la lumière sur cet attentat imminent. On reconnait d'emblée la patte de son réalisateur qui s'est entouré, pour l'occasion, de grosses pointures (Kidman, Penn, Anthony Minghella, Darius Khondji). Il est question, dans ce film, d'une organisation respectable - l'ONU- et d'un président africain accusé de génocide mais décidé à venir s'exprimer devant les nations pour expliquer qu'il s'agit d'un malentendu. L'enjeu politique décrit par Pollack est réel : quelle est la place de l'ONU face à ce genre d'abominations ? Le pouvoir d'un chef d'état peut-il tout permettre ? Sur ce fond, car cela ne reste finalement qu'un fond, le suspense du complot est halentant et les quelques scènes d'action très réussies. Néanmoins, certains aspects du film sont peu convaincants comme le passé africain de l'interprète qui aurait été rebelle dans sa jeunesse après que ... non, chut ! Enfin, ce film au romantisme désuet a le tact de nous éviter une scène d'amour entre les deux acteurs principaux, scène que l'on attend tous mais qui finalement ne vient pas : là, Pollack est plutôt réaliste; l'essentiel n'étant pas là, évidemment.

mardi 3 novembre 2009

Hier soir, j'ai vu ... La guerre des mondes (War of the worlds)

Ce film est l'adaptation d'un des premiers romans de science-fiction datant de 1898 et écrit par H.G Wells. Ce qui est surprenant c'est qu'en 2005, nos films de SF soient inspirés de romans de plus de 100 ans. Il faut donc tout d'abord se prosterner devant l'imagination de cet écrivain célèbre dont l'histoire d'envahisseurs arrivant sur Terre traverse les siècles. Néanmoins, ce n'est pas le meilleur de Spielberg. Mise à part la mise en scène, l'action constante et les effets spéciaux de destruction réussis, l'histoire reste banale, si on peut parler de banalités quand il s'agit d'envahisseurs, de tripodes tueurs, de plus d'1 milliard de morts, des villes rasées. Ce coté vieillot nous rappelle les productions des années 70. Coté acteur, le numéro de Tom Cruise en docker profitant de ce malheur pour se racheter une conduite auprès de ses enfants n'est pas convaincant. Par contre, la courte apparition de Tim Robbins complètement aliené est sans doute le moment le plus flippant du film. De même que la scène du vol de voiture qui rappelle les films de zombies sauf que là, il s'agit d'humains terrifiés prêts à tout pour fuir une mort certaine. Glaçant !